Battu de justesse en finale par la GNBC (42-47), le JEA confirme son statut de club qui compte. Porté par la passion, il forme ses joueuses sans en rémunérer aucune.
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| Les basketteuses de JEA, vice-championnes en N1A, ont franchi un autre palier. |
Créés en 2005 par une association d’étudiants d’Akatso à Antananarivo, les Jeunes espoirs d’Antsirabe (JEA) ont progressivement grandi pour devenir un club reconnu sur la scène nationale. Évoluant des catégories U12 aux U20, ainsi qu’en N1B et N1A, le club célèbre cette année ses 21 ans d’existence, avec notamment un titre de vice-champion de Madagascar en N1A dames.
Le club est « simple », résume son entraîneur Anthony Andriamaholy. Aucune joueuse n’est salariée. Toutes évoluent par passion, avec l’appui des parents et du staff pour faire fonctionner la structure. Affilié à la Ligue de Vakinankaratra, le club rassemble des joueuses originaires notamment d’Antsirabe, de Fianarantsoa et d’autres régions, qui se retrouvent principalement à Antananarivo.
« Le club fonctionne avec de l’eau fraîche et de l’amour », résume le coach, faisant référence au slogan du JEA. La formation constitue le socle du projet. En 2022, les U18 ont remporté le championnat de Madagascar à Maevatanàna. En 2023, elles ont terminé vice-championnes à Ambositra. En 2024, les U20 ont décroché le titre national à Farafangana, tandis que les U18 ont pris la troisième place à Toliara.
La saison 2025 a confirmé cette progression. Le JEA a remporté la zone Centre en N1A et atteint le dernier carré national en N1B, avec une quatrième place à Moramanga. Les catégories jeunes ont également obtenu plusieurs titres régionaux.
Moyens limités
Face à la GNBC, grande favorite de la finale féminine dimanche, le JEA a surtout marqué les esprits. Alors que beaucoup pronostiquaient une large victoire de l’adversaire, les Antsirabéennes ne se sont inclinées que 42-47.
« Je suis vraiment très heureux, car les filles ont beaucoup travaillé et fait preuve de courage. L’équipe a traversé de nombreuses difficultés. Plusieurs joueuses cadres ont quitté l’équipe pour différentes raisons, mais les jeunes ont su relever le défi et réaliser malgré tout un très beau parcours », confie Anthony Andriamaholy.
Cette progression a toutefois un prix. Toutes catégories confondues, le club a dépensé près de 40 millions d’ariary cette saison, entre déplacements, compétitions, équipements et fonctionnement. Son financement repose principalement sur les cotisations des membres et les différentes activités de collecte de fonds.
Sans joueuses rémunérées, le club fonctionne grâce à l’engagement des dirigeants, des parents et des joueuses elles-mêmes. La N1A reste par ailleurs une équipe jeune : la plus jeune joueuse a 18 ans et la plus âgée, 30 ans. Derrière le titre de vice-championne de Madagascar se dessine donc un autre succès : celui d’un club qui, avec des moyens limités, continue de former et d’accompagner ses basketteuses dans leur progression. Au JEA, la passion n’est pas seulement un slogan, elle constitue le moteur du projet.
Donné Raherinjatovo
