L’accès aux informations sur l’utilisation de l’argent public devrait progressivement s’améliorer à Madagascar.
![]() |
| Garisse Razafindrakoto, le secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances, durant sa prise de parole. |
L’évaluation, portant sur la période 2024-2025, attribue à Madagascar des scores jugés insuffisants en matière de transparence budgétaire. Les institutions concernées veulent désormais renforcer la publication des données et la participation des citoyens au processus budgétaire.
Le résultat publié par l’International Budget Partnership place ainsi la transparence budgétaire parmi les principaux défis de la gouvernance publique. Les scores obtenus n’atteignent pas le seuil de 61/100, considéré comme le niveau minimal permettant de se rapprocher d’une appréciation passable. Cette évaluation concerne toutefois la période 2024-2025, correspondant à la précédente gouvernance.
Pour le citoyen, l’enjeu dépasse la simple notation internationale. Les informations budgétaires permettent de comprendre d’où viennent les ressources publiques, comment elles sont dépensées et si les dépenses correspondent réellement aux priorités annoncées. Leur publication dans des délais raisonnables facilite également le contrôle de l’action publique et peut contribuer à renforcer la confiance envers les institutions.
Sensibilisation
Le ministère chargé des Finances prévoit plusieurs mesures pour améliorer cette situation. La conduite des conférences budgétaires devrait notamment être renforcée afin de favoriser davantage la participation citoyenne. Des actions de sensibilisation et de formation sont également envisagées pour permettre au public de mieux comprendre les questions liées aux finances publiques.
La publication et la diffusion des informations budgétaires constituent un autre chantier. Pour les citoyens, disposer de documents accessibles et publiés à temps permet de suivre plus facilement les choix effectués par l’État. Cela concerne notamment les recettes, les dépenses et l’exécution des prévisions budgétaires.
La Cour des comptes affiche également sa volonté d’améliorer l’accès aux informations. Son président, Rakotondramihamina Jean de Dieu, avait souligné l’importance de préserver l’intégrité des missions de contrôle confiées à l’institution. Parmi les perspectives annoncées figure la reprise, en 2027, de la publication du document relatif à la loi de règlement, interrompue depuis 2020.
Les documents comparant les prévisions budgétaires aux recettes et dépenses réellement exécutées pour les années 2020, 2021 et 2022 devraient également être rendus publics. Une version simplifiée du rapport annuel de la Cour est par ailleurs annoncée. L’objectif est de rendre les informations plus compréhensibles pour le grand public.
À l’Assemblée nationale, le président de la Commission des finances, Narson Rafidimanana, affirme également vouloir renforcer le rôle de contrôle du Parlement.
Lucia Rabarijaona
