TOLIARA - La réhabilitation de l’aérodrome d’Ihosy en vue

La région Ihorombe et l’Adema s’activent dans le processus de réhabilitation de l’aérodrome d’Ihosy dans l’objectif de soutenir notamment la promotion du secteur touristique.

Constat de visu sur le terrain de l’actuel aérodrome d’Ihosy avec le chef de la région Ihorombe (en gilet bleu) et le DG de l’Adema (en casquette bleue).

Fermé depuis près de trente ans, l’aérodrome d’Ihosy fait l’objet des premières études en vue de sa réhabilitation et de sa réouverture. Une équipe de l’Adema et les autorités de la région Ihorombe ont procédé cette semaine à une évaluation technique de la piste, avec notamment en perspective son revêtement en bitume et l’accueil d’aéronefs de type ATR 42. Le projet est présenté comme un levier de désenclavement et de développement touristique de la région, notamment grâce à la proximité du parc national de l’Isalo.

Le chef de la région Ihorombe, Tsiverihasy Tialy Ramilavonjy, a discuté de l’opérationnalité future de l’infrastructure avec le directeur général de l’Adema (Aéroports de Madagascar), Jean Germain Andrianiaina. Cette rencontre a été suivie d’une évaluation technique de la piste et d’une étude de faisabilité concernant la mise en place d’une aérogare. Le DG de l’Adema, accompagné de techniciens, ainsi que les autorités locales de la région Ihorombe, se sont rendus sur le site de l’actuel aérodrome, à Ankadilanambe, à quatre kilomètres de l’entrée de la ville d’Ihosy.

Actuellement en terre, la piste est appelée à être revêtue de bitume dans le cadre du projet de modernisation. Elle pourrait alors accueillir des aéronefs de type ATR 42. La réhabilitation nécessite toutefois plusieurs études techniques et économiques, ainsi que des études foncières et environnementales. Une fois ces études achevées, l’aval de l’État sera nécessaire. Le soutien financier de l’État pour la réhabilitation reste également attendu.

Un levier pour le tourisme

La modernisation de l’aérodrome figure parmi les orientations du plan régional de développement (PRD) de la région Ihorombe. Le dernier PRD remonte à 2015, mais le document est redynamisé depuis la nomination de l’actuel chef de région en décembre 2025, selon le département de la communication de la région Ihorombe. La réouverture de l’aérodrome d’Ihosy y est notamment envisagée comme un moyen de renforcer la promotion touristique de la région.

La démarche bénéficie du soutien du ministère du Tourisme et de l’Artisanat, selon la région, avec pour objectifs de contribuer au désenclavement de l’Ihorombe et de développer le tourisme. La ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Lily Rafaralahy, avait notamment discuté du projet lors de sa rencontre avec les opérateurs touristiques de la région en juillet dernier.

« La piste, une fois bitumée, pourra ainsi accueillir des vols privés touristiques. Des évacuations d’urgence à bord de petits avions sont également envisageables et, bien sûr, la reprise des vols commerciaux réguliers est attendue avec la réouverture de l’aérodrome d’Ihosy », précise le département de la communication de la région Ihorombe.

L’enjeu touristique est notamment lié à la proximité du parc national de l’Isalo. Ihosy se trouve à environ 70 kilomètres de Ranohira, commune où se situe ce parc national, présenté comme le deuxième pôle touristique du pays avec quelque 30 000 entrées par an. La route nationale 7 entre Ihosy et Ranohira est par ailleurs en très bon état, ce qui pourrait faciliter la liaison entre l’aérodrome et le site touristique.

La réouverture de l’aérodrome pourrait également contribuer au développement écotouristique de la région. « Avec la réouverture de l’aérodrome, trois autres aires protégées pourraient être lancées. Ce qui soutiendra le développement écotouristique de la région », indique la communication région régionale.

L’aérodrome d’Ihosy fait par ailleurs partie des cinquante-six infrastructures aéroportuaires dont la gestion opérationnelle a été confiée par l’État à de nouveaux gestionnaires privés, sous la supervision de l’Adema. Dans ce cadre, la remise en état de l’infrastructure doit encore passer par les différentes études préalables avant toute décision définitive sur les travaux.

Mirana Ihariliva

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