SORTIE DE TRANSITION - Le parti Vert propose des élections jumelées

Alexandre Georget, président du parti Vert.

Des élections le plus rapidement possible. Telle est la ligne défendue par le parti Vert Hasin’i Madagasikara pour un retour le plus vite possible à l’ordre constitutionnel. Une position que la formation politique défend dans un communiqué publié mercredi.

Ainsi, dans sa missive, le parti Vert avance l’idée d’un jumelage des élections. Sa proposition est que des élections communales et régionales se tiennent en octobre 2027, et que la présidentielle, jumelée avec les législatives, soit organisée en novembre 2027. Avant, il y aura un référendum ou une élection constitutionnelle en juillet, selon toujours les vœux de cette formation politique.

Le parti conduit par Alexandre Georget, ancien Président de la délégation spéciale d’Antananarivo (PDS), défend son idée en soutenant que le jumelage des élections permettra « une économie de temps et d’argent». Il plaide aussi pour le fait que l’agencement de ces scrutins permettra d’établir « un pluralisme politique ». La formation politique présente sa proposition comme une contribution aux consultations politiques sur la gouvernance électorale que conduit le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, sur la gouvernance électorale depuis mardi.

Confiance

Les Verts affirment ainsi qu’ils s’opposent à toute intention de prolonger la durée de la situation d’exception actuelle et martèlent que « l’organisation, le plus rapidement possible, d’élections transparentes, avec la participation de tous et acceptées par la majorité est la seule voie pour sortir de la crise actuelle ». Cette position tranche pourtant avec celle d’autres entités politiques qui ont pris part à la consultation initiée par le chef de l’État.

Le parti Hery Vaovao ho an’i Madagasikara (HVM) estime, par exemple, qu’il serait nécessaire de réformer le cadre institutionnel et juridique avant de s’engager dans un processus électoral. Selon Rivo Rakotovao, président du HVM, qui a pris part à la première journée des consultations, mardi, une rallonge de la période transitoire est acceptable « à condition que la décision découle d’un consensus ».

Le parti Vert plaide que « la réussite des élections dépend de la confiance des électeurs et des candidats envers la structure qui organise le processus». Un point qui rejoint ceux des participants à la première séance des consultations politiques. Néanmoins, certains de ces derniers, dont le HVM, affirment que la confiance des acteurs électoraux envers la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) est brisée.

Par ailleurs, la proposition de calendrier avancée par les Vert risque de se heurter à des contraintes politiques et techniques. Le ou les projets de Constitution seront, en principe, rédigés sur la base des résolutions de la concertation nationale conduite par le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM). Des résolutions qui ne seront connues qu’après mai 2027, selon le planning des Églises.

Il faudrait, le cas échéant, prendre en compte la période de mise en place des nouvelles structures étatiques, notamment d’une éventuelle nouvelle entité électorale après l’adoption d’une nouvelle Constitution. De même pour une éventuelle réforme du cadre juridique afin de se conformer à la nouvelle Loi fondamentale. D’autant plus qu’étant donné les moyens techniques à la disposition de l’État actuellement, il semble difficile de tenir deux élections jumelées en l’espace d’un mois.

Garry Fabrice Ranaivoson

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