RUGBY À XV - L’ovale jongle entre popularité et notoriété

Avec environ 35 000 licenciés, près de 500 clubs répertoriés et des tribunes accueillant des dizaines de milliers de spectateurs, le rugby malgache bénéficie d’une popularité bien établie.

Les Makis de rugby à VII figurent parmi les sélections les plus performantes d’Afrique.

À Madagascar, le ballon ovale occupe une place particulière dans le paysage sportif. Plus qu’une discipline, il représente une véritable culture, particulièrement ancrée dans les quartiers de la capitale. Chaque week-end, les jeunes pratiquants et les équipes des clubs se succèdent sur les terrains de proximité. Lors des grands rendez-vous, cet engouement prend une tout autre ampleur.

Le stade Makis d’Andohatapenaka devient alors le temple du rugby malgache, avec des matchs qui s’enchaînent de 9 heures à 17 heures. Ces rencontres attirent des foules impressionnantes et transforment l’enceinte en véritable chaudron.

Cette capacité à mobiliser le public n’est pas passée inaperçue auprès des instances continentales. Rugby Africa a choisi Madagascar pour accueillir la Rugby Africa Women’s Cup à trois reprises consécutives, en 2023, 2024 et 2025. Pendant plusieurs années, le stade Makis est ainsi devenu l’une des vitrines du rugby féminin africain. Ces rendez-vous ont surtout démontré la capacité de Madagascar à organiser une compétition internationale et à attirer un public nombreux.

Cette reconnaissance continentale s’appuie également sur une forte implantation de la discipline. « Le pays compte environ 35 000 licenciés, dont 1 400 femmes, ainsi que près de 500 clubs répertoriés auprès de la Fédération », indique Antsoniandro Randrianorosoa, directeur technique national de Malagasy Rugby. Ces chiffres témoignent de l’implantation du rugby à Madagascar, même si tous les pratiquants ne sont pas nécessairement licenciés.

Un tremplin vers l’emploi

La popularité ne s’accompagne pas encore d’une véritable professionnalisation. Le championnat national reste amateur et peu de joueurs parviennent à vivre exclusivement de leur activité sportive. Le rugby joue toutefois un rôle qui dépasse le cadre du terrain. Pour certains pratiquants, il constitue un véritable tremplin vers l’emploi.

Des structures comme le Cosfa, l’Uscar ou le 3FB offrent notamment aux joueurs et aux joueuses la possibilité d’intégrer un environnement professionnel et de préparer leur avenir parallèlement à leur carrière sportive.

Le financement demeure un autre défi majeur. La pandémie de Covid-19 a fragilisé le sponsoring sportif et conduit plusieurs entreprises à réduire leur soutien. La Star reste aujourd’hui le principal partenaire du rugby malgache, tandis qu’Orange Madagascar figure également parmi les soutiens de la discipline.

Dans sa volonté de consolider l’avenir du rugby national, Malagasy Rugby mise également sur la pratique féminine. Avec 1 400 licenciées, son potentiel de développement reste important. « La Fédération malagasy de rugby encourage la participation des femmes. L’objectif de Malagasy Rugby est de qualifier les Ladies Makis de rugby à VII pour les Jeux olympiques de 2032 », confie le directeur technique national.

Le rugby malgache possède déjà ce que beaucoup d’autres disciplines recherchent : un public, une histoire, un réseau de clubs et une véritable identité populaire. Son principal défi consiste désormais à transformer ces atouts en leviers durables de développement.

Donné Raherinjatovo

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