RENCONTRE RANDRIANIRINA - KALLAS - Les élections s’invitent dans la discussion

Le colonel Randrianirina a rencontré Kaja Kallas, vice-présidente de la Commission de l’Union européenne, jeudi soir, à Bruxelles. Les échéances électorales à Madagascar ont été un des principaux sujets abordés.

Poignée de main entre le colonel Michaël Randrianirina  et Kaja Kallas, au siège de la Commission européenne, jeudi.

Un sujet qui s’impose. Les élections ont été au cœur des échanges entre le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, et Kaja Kallas, vice-présidente de la Commission de l’Union européenne (UE), jeudi soir à Bruxelles.

L’entretien a également porté sur d’autres axes de coopération entre la Grande île et l’organisation continentale. Cependant, les échéances électorales devant boucler la séquence politique exceptionnelle actuelle s’imposent comme un sujet incontournable. Selon le compte rendu de la rencontre publié par la présidence de la Refondation de la République, la responsable européenne a réaffirmé la disponibilité de l’UE à appuyer Madagascar sur la question électorale. En réponse, selon les informations rapportées par l’institution présidentielle, le locataire d’Iavoloha a indiqué que le pays attend surtout un appui-accompagnement quant à l’expertise électorale et un appui financier.

De prime abord, l’officier supérieur a voulu profiter de ce passage à Bruxelles pour rassurer l’UE quant au cheminement politique de la Refondation. Selon la missive de la Présidence, toujours, « le président de la Refondation a profité de cette rencontre pour décrire à la vice-présidente de la Commission européenne les principaux points du chronogramme qui a déjà été remis à la SADC [Communauté de développement de l’Afrique australe], en février». Le colonel Randrianirina a ainsi mis en avant la concertation nationale qui entame sa phase opérationnelle. Il a expliqué le déroulement du processus qui démarre à partir des Fokontany jusqu’au niveau national. La Présidence ajoute que l’officier supérieur a indiqué que la réforme de la gouvernance électorale est également menée en parallèle à la concertation nationale.

La concertation nationale pour une « Refondation de la République » et la gouvernance électorale sont donc les deux principaux chantiers de la transition. Les deux processus ont pour point de convergence les échéances électorales avant fin 2027, devant mener au retour à l’ordre constitutionnel. Le chronogramme remis à la SADC prévoit l’organisation d’un référendum ou d’une élection constitutionnelle entre mai et juillet 2027, puis de la présidentielle avant décembre 2027. Ces indications temporelles donnent, en principe, une visibilité du cheminement politique du pouvoir de la Refondation.

À son retour du Sommet de la SADC, en août, le colonel Randrianirina a même déclaré que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) devrait être prête à organiser une élection en juillet 2027. Une prévision en référence à la durée de la refonte de la liste électorale qui est en cours. 

Concertation souveraine

Cependant, le planning prévu par le Conseil des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) pourrait bouleverser le chronogramme de la Refondation. L’institution ecclésiale a pris du retard dans l’organisation de la concertation. Lors du lancement de la phase opérationnelle du processus, elle a indiqué que les résolutions seront rendues publiques après mai 2027. Ce qui réduit considérablement la marge de manœuvre pour organiser le premier scrutin qui devrait se tenir entre mai et juillet de cette même année.

Les résolutions de la concertation serviront d’autant plus de référence à la rédaction du ou des projets de Constitution à soumettre aux électeurs. Invitée sur le plateau de TV5 Monde, jeudi, Fanirisoa Ernaivo, ministre de la Justice, a indiqué que le premier scrutin qui se tiendra sera le référendum ou l’élection constitutionnelle. Par ailleurs, la réforme de la gouvernance électorale en parallèle à la concertation nationale rend difficile la lecture du cheminement du retour à l’ordre constitutionnel. Le chef de l’Etat a bouclé les consultations sur les préparatifs électoraux avant son départ pour l’Europe. L’objectif affirmé étant d’accélérer la marche vers les élections justement.

Les entités politiques et civiles, ainsi que les Forces de défense et de sécurité (FDS), qui y ont pris part, ont émis leurs recommandations pour l’amélioration du processus électoral. Il est probable qu’elles servent de base pour les réformes à mener. Cependant, un des points sur lesquels les participants s’accordent est la réforme de la Ceni, celle-ci étant pourtant en train de mener la refonte de la liste électorale et devant, semble-t-il, organiser les élections de 2027. Du reste, une question s’impose : entre les participants aux consultations sur les élections et ceux qui prendront part à la concertation nationale, lesquels auront une voix prépondérante ?

Le caractère « souverain» des décisions qui seront prises durant la concertation nationale est souligné dans le document portant chronogramme de la Refondation. La raison est qu’elle ambitionne de voir une participation directe et inclusive des citoyens. 

Garry Fabrice Ranaivoson

4 Commentaires

  1. Le deadline de la refondation sera un pari loin d'être insurmontable . Un cheminement réactif de la concertation nationale va être déterminant pour pouvoir organiser une première élection . En tous cas Bruxelles va certainement nous accompagner logistiquement , humainement et financièrement . Et c'est dans leur intérêt pour la stabilité du pays pour un coopération positive en toute confiance . Les détracteurs de ce régime ferait mieux d'analyser objectivement la détermination à respecter le chronogramme à ce jour . A travers de ces contacts extérieurs force est de constater que le pays n'est pas unilatéralement à la merci de Poutine malgré les diatribes des mauvaises langues téléguidées par un exilé à Dubaï . A notre connaissance aucun des dirigeants des trois pays du Sahel à savoir le Mali , le Niger et le Burkina tombés malencontreusement dans le giron de Moscou n'ont renoué bien évidemment avec la France et n'ont sollicité l'Union Européenne .

    RépondreSupprimer
  2. Et ces pays là le regrettent énormément car ils sont francophones, comme notre pays. Qu'on le veuille ou non, faudra passer par la francophonie si on veut exister sur le plan international ... et pour simplement scolariser nos enfants. Au Mali et ailleurs les populations souffrent ... et les militaires s'accrochent. Que feront les nôtres si un jour il y a des élections ??? De gros doutes !!!

    RépondreSupprimer
  3. Avant que la situation de Madagascar s'améliore il passera de l'eau sous les ponts et Anne la chère Anne ne verra rien venir en changeant quoi que ce soit. Ce n'est pas Nostradamus qui me contrdirait?

    RépondreSupprimer
  4. Aucune raison que l'Europe aide financièrement Madagascar pour des élections si l'organisation est faite par la Russie, pays-dictature qui sait très bien fausser une élection !!!

    RépondreSupprimer
Plus récente Plus ancienne