Raoto Andriamanambe, journaliste et coureur de courses trail longue distance, réagit au report du Marathon International de Tana. Il évoque les conséquences pour les athlètes et les enjeux d’un tel événement pour la capitale.
Quelle a été votre réaction ou votre déception en apprenant le report du Marathon International de Tana 2026 ?
Ma réaction face à ce report a été la déception, un peu comme tout le monde. Le Marathon International de Tana faisait partie des gros objectifs de cette saison, après les échéances en trail. Personnellement, cela aurait été une expérience inédite. Donc, ma déception est à la hauteur de mes attentes.
En tant que coureur de trail, comment aviez-vous intégré ce marathon dans votre préparation et dans vos objectifs de la saison ?
La course sur route et le trail sont deux disciplines assez différentes, mais complémentaires. Il fallait adapter les entraînements, notamment en intégrant de gros volumes de préparation spécifique : endurance fondamentale, fractionné, tempo… En marathon, il n’y a pas de technicité de terrain, mais la régularité et la vitesse comptent énormément. Pour moi, le focus a été davantage mis sur l’allure et sur l’endurance fondamentale.
Quelles peuvent être les conséquences de ce report pour les coureurs qui s’étaient déjà préparés et inscrits à cette édition ?
En termes de conséquences, je peux souligner les coûts financiers pour des athlètes qui avaient vraiment misé et investi dans la préparation du marathon : nutrition, préparation physique, préparation physiologique…
Au-delà des coureurs, quel impact ce report peut-il avoir sur l’athlétisme et sur le développement de la course à pied à Madagascar ?
Il ne faut pas oublier qu’un marathon est un peu la vitrine sportive d’une ville ou d’un pays. On connaît le marathon de Paris, le marathon de Boston ou encore le marathon de Londres. Ce sont des courses qui permettent d’attirer des pratiquants, voire des touristes, dans une ville. Il est impossible pour nous de quantifier le nombre de personnes qui auraient été attirées par un marathon à Tana, mais je sais que, sur des épreuves comme l’UTOP et l’UTCS, des athlètes venant d’autres pays se déplacent à Madagascar pour y participer.
De manière générale, le fait qu’une capitale n’arrive plus à organiser un marathon depuis de nombreuses années est le reflet global de l’état de santé du sport et de la sociologie globale.
Quelles seraient, selon vous, les conditions nécessaires pour assurer à l’avenir l’organisation d’un événement à grande envergure pour la ville d’Antananarivo ?
Les conditions nécessaires pour assurer à l’avenir l’organisation d’un tel événement reposent sur une cohésion sans faille de toutes les parties prenantes. La Fédération malgache d’athlétisme doit prendre ses responsabilités, tout comme les partenaires, sans oublier les habitants d’une ville, parce que l’on ne peut pas courir sur des routes jonchées d’ordures, par exemple. Accueillir un marathon, c’est une manière de penser et de repenser la vie dans une ville.
Donné Raherinjatovo
