Quelques années après sa reconstruction, le palais de Manampisoa présente de nouvelles dégradations. Les dommages causés à sa toiture, aggravés par le passage du cyclone Gezani, conduisent les autorités à préparer une nouvelle restauration et à réexaminer certains choix effectués lors des précédents travaux.
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| La toiture du palais de Manampisoa sérieusement endommagée. |
Au cœur du Rovan’i Madagasikara, le palais de Manampisoa montre aujourd’hui plusieurs signes de dégradation. Sa toiture en ardoise est notamment endommagée par endroits, exposant certaines parties de l’édifice aux intempéries. Les vents associés au cyclone Gezani ont aggravé la situation. Au-delà de ces dégâts récents, les responsables chargés du patrimoine s’interrogent également sur certains aspects de la reconstruction menée il y a quelques années.
Entièrement construit en bois, Manampisoa appartient à une époque où la pierre et la brique, considérées comme des « matières mortes », étaient encore interdites dans les constructions en Imerina. L’ancien édifice avait résisté pendant près d’un siècle. La reconstruction plus récente, réalisée sous le mandat de l’ancienne ministre Lalatiana Andriantogarivo, présente déjà, après quelques années, des dégradations sur certains de ses éléments.
Face à cette situation, l’Office du Rovan’i Madagasikara (Ormada) indique qu’un dossier de restauration est en préparation. Une étude technique est actuellement menée par des ingénieurs afin d’évaluer l’état du bâtiment et de déterminer les travaux nécessaires. « Il ne s’agit pas d’un dossier oublié. Manampisoa fait partie des priorités du ministère. Nous ne pouvons pas annoncer un délai précis, mais nous voulons qu’il y ait une progression, même si elle se fait progressivement », explique un membre de l’Ormada.
Selon les responsables de l’Office, le ministère avait été alerté de l’état de certains bâtiments avant même la diffusion récente d’images sur les réseaux sociaux. Une première étude avait été réalisée et un projet élaboré. Un budget avait également été prévu, mais sa situation doit encore être clarifiée.
« Il faut d’abord clarifier où est passé l’argent avant d’aller plus loin », indique-t-on à l’Ormada. Le dossier a déjà été présenté en Conseil du gouvernement.
Les préoccupations ne concernent toutefois pas uniquement la toiture. « Le véritable problème ne concerne pas uniquement les trous dans la toiture. C’est l’architecture même de Manampisoa qui est remise en question, car elle ne respecte pas les normes architecturales », précise-t-on au sein de l’Ormada.
Une nouvelle étude doit ainsi permettre d’établir plus précisément l’ampleur des dégradations et les interventions nécessaires. Un comité scientifique élargi devrait également être mis en place afin d’accompagner les prochaines étapes, notamment dans le choix du bois et des autres matériaux.
Une reconstruction réexaminée
Le ministère de la Communication et de la Culture fait également état d’interrogations sur certains choix effectués lors des précédents travaux. « Le problème concerne surtout la manière dont les travaux du palais de Manampisoa ont été réalisés», explique un membre du ministère.
Certains éléments de l’édifice, dont l’escalier, auraient notamment été réalisés différemment de leur configuration antérieure. Selon les responsables interrogés, les recommandations des experts n’auraient pas toujours été suffisamment prises en compte lors de la reconstruction.
La question des matériaux figure également parmi les points examinés. « Il faut, autant que possible, respecter l’authenticité. Si la toiture était en ardoise, il faut utiliser une ardoise de même qualité », poursuit le ministère. La durabilité du bois utilisé lors de la reconstruction fait ainsi partie des éléments qui doivent être évalués, les responsables estimant qu’il pourrait ne pas présenter les mêmes caractéristiques que celui de l’ancien édifice.
Le ministère indique désormais vouloir déterminer les méthodes les plus adaptées à une nouvelle intervention et remettre la restauration en conformité avec les principes de conservation du patrimoine.
La question du financement reste déterminante. Un budget avait été prévu pour les travaux, mais n’aurait finalement pas été engagé. Une demande doit être présentée en Conseil des ministres afin d’obtenir les moyens nécessaires à la restauration, une démarche prévue au cours du mois de septembre. Des ressources exceptionnelles du ministère de la Communication et de la Culture pourraient également être mobilisées.
Une fois les financements obtenus, leur mobilisation devra suivre les procédures des finances publiques. Avant le lancement des travaux, le comité scientifique doit également être réuni afin de définir précisément les modalités de restauration du palais.
Comme plusieurs édifices du complexe royal, Manampisoa avait été touché par l’incendie de 1995, qui avait ravagé une partie du Rova, dont le palais de Manjakamiadana. Sa reconstruction avait débuté en 2022.
Les nouvelles dégradations relancent aujourd’hui la question de la conservation à long terme des bâtiments reconstruits du Rova, depuis le choix des matériaux et des techniques jusqu’à leur entretien et leur suivi.
Conventions
La Charte de Cracovie, texte de référence en matière de conservation et de restauration du patrimoine bâti, est également invoquée par le ministère. Elle met notamment l’accent sur la préservation de l’authenticité des édifices, des matériaux et des techniques employées.
Cassie Ramiandrasoa
