Le Congrès américain a définitivement validé la prolongation de l’Agoa jusqu’en décembre 2028. Le texte est désormais entre les mains du président américain, dernière étape avant son entrée en vigueur.
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| Le Congrès américain donne définitivement son feu vert pour la prolongation de l’Agoa jusqu’en 2028. |
La boucle est bouclée. Du moins, sur le plan du processus d’adoption par le Congrès américain, la prolongation de l’African Growth and Opportunity Act (Agoa) jusqu’en décembre 2028 est actée.
Après le feu vert du Sénat, le 8 août, la Chambre des représentants des États-Unis a définitivement adopté, avec une large majorité, le texte incluant l’extension de l’accord commercial jusqu’en décembre 2028. Il s’agit d’une étape majeure pour le maintien de ce régime commercial préférentiel dont bénéficient plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, y compris Madagascar.
Le texte adopté par le Congrès américain doit maintenant être transmis à la Maison-Blanche. Sa promulgation dépend ainsi de la signature de Donald Trump, président des États-Unis. La dernière étape du processus avant que la prolongation de l’AGOA ne devienne effective. Réagissant au vote de mardi, le ministère du Commerce et de la Consommation soutient : « Pour Madagascar, il s’agit d’une nouvelle importante et porteuse d’espoir, car cette prolongation offre davantage de stabilité et de visibilité aux exportateurs malgaches. Elle contribue également à renforcer la confiance des investisseurs (…) »
En vigueur depuis le début des années 2000, les produits sous le régime Agoa représentent une part importante des exportations malgaches vers les États-Unis. Le secteur textile, principal pourvoyeur d’emplois industriels dans le pays, par exemple, en bénéficie. De même pour celui de la vanille et d’autres épices, entre autres, qui en bénéficient également.
« Les efforts ne s’arrêtent toutefois pas là. L’objectif est désormais de poursuivre les discussions et les démarches de plaidoyer afin d’obtenir, après 2028, une prolongation de 10 ans. Celle-ci permettrait d’offrir davantage de stabilité et de visibilité à long terme aux exportateurs et aux investisseurs, tout en renforçant davantage les relations commerciales entre Madagascar et les États-Unis », affirme par ailleurs le ministère du Commerce et de la Consommation.
10 ans de plus
La Grande Île se projette donc déjà sur l’après-2028. Une posture que partagent les autres pays africains bénéficiaires de l’Agoa, à s’en tenir à une publication de l’ambassade malgache à Washington sur sa page Facebook. Les ambassadeurs de Madagascar et du Kenya aux États-Unis, qui coprésident le comité spécial sur l’Agoa, « poursuivront les efforts pour l’amélioration de l’Agoa et sa prolongation pour une durée plus longue (…) », indique la publication.
Du côté américain, l’adoption de cette rallonge jusqu’en décembre 2028 n’a pas été aisée, malgré des votes favorables à une large majorité lors de la dernière ligne droite du processus législatif. À s’en tenir aux débats au Sénat, en août, la prolongation de l’Agoa n’est pas un chèque en blanc. Les autorités américaines voudraient renforcer les exigences sur le principe de réciprocité, suivant la politique « America First » du président Trump.
« L’Agoa du 21e siècle doit exiger davantage de nos partenaires commerciaux et offrir un meilleur accès au marché pour nos agriculteurs et éleveurs américains (…) en garantissant des échanges plus réciproques avec nos partenaires d’Afrique subsaharienne, afin de renforcer la compétitivité mondiale des États-Unis », sont les mots de Jamieson Greer, représentant américain au Commerce, rapportés par les médias internationaux.
Par ailleurs, sur recommandation du Comité des voies et moyens, ou Ways and Means Committee, de nouvelles dispositions « afin de prioriser et de simplifier l’accès et le traitement des minerais critiques dans les pays bénéficiaires de l’Agoa » auraient été introduites dans le texte voté par le Sénat. Le Comité aurait mis en avant les intérêts stratégiques américains et aurait souligné « le risque de laisser un vide que des concurrents pourraient exploiter ». Ce qui indique que Washington veut mettre l’accent sur ses intérêts stratégiques.
Garry Fabrice Ranaivoson
