ENSEIGNEMENT - Le nouveau programme d’Histoire déplace la période coloniale

Le nouveau programme scolaire introduit plusieurs modifications dans l’enseignement de l’Histoire. Parmi les principaux changements figure le déplacement de certains chapitres consacrés à l’histoire de Madagascar d’un niveau de classe à un autre.

Des élèves d’une école publique lors de la rentrée scolaire.

À partir de cette année scolaire, l’histoire coloniale n’est plus enseignée en classe de troisième au collège ni en classe de première au lycée. Cette période reste toutefois inscrite au programme. 

« Cependant, cette thématique n’est pas totalement rayée de l’enseignement. Elle est toujours enseignée en classe de quatrième dans le nouveau programme », assure Rija R., enseignant en Histoire dans un établissement scolaire public à Antananarivo.

L’information a été confirmée par une source auprès du ministère de l’Éducation nationale, qui n’a toutefois pas été en mesure de préciser les raisons de cette réorganisation. Nous n’avons pas non plus pu joindre la personne à l’origine de cette modification.

Selon la répartition annuelle du programme d’études 2026-2027, les élèves de quatrième étudieront désormais plusieurs périodes de l’Histoire de Madagascar, notamment les royaumes malgaches du XVe au XIXe siècle, le royaume de Madagascar de 1810 à 1896, la période coloniale de 1895 à 1960, ainsi que les patrimoines culturels et historiques du pays.

En classe de troisième, le programme porte notamment sur Madagascar sous les différentes Républiques, ainsi que sur la commémoration et la célébration des mémoires collectives.

Importance

En classe de première, la leçon consacrée à la colonisation de Madagascar a été remplacée par un chapitre sur l’Histoire de la photographie. « Ce nouveau chapitre se concentre sur l’arrivée de la photographie à Madagascar, liée à la mission civilisatrice des chrétiens. À mon avis, ce chapitre a été introduit afin d’étudier l’arrivée de cette technologie chez nous ainsi que son impact sur le récit historique », indique Rija R.

Pour l’enseignant, l’histoire de la colonisation comme celle de la photographie conservent toutes deux leur importance dans la formation des élèves. 

« Elles permettent aux élèves d’approfondir l’histoire et de faire leurs propres recherches.»

Interrogés sur les conséquences de ce changement, des enseignants estiment que cette nouvelle répartition ne devrait pas affecter les connaissances attendues des élèves. « Ce qu’ils ont appris en classe inférieure reste un acquis pour les classes supérieures », explique un enseignant de la discipline.

Un historien de l’Université d’Antananarivo rappelle, pour sa part, qu’un même chapitre n’a pas nécessairement vocation à être repris à plusieurs niveaux. Il souligne également l’intérêt d’intégrer l’art et l’image à l’enseignement de l’Histoire. « Parfois, nous ne mesurons pas l’importance de l’art, alors même que les images préservent notre culture : ce sont des archives vivantes », souligne-t-il.

Miangaly Ralitera

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