Que veulent les transporteurs ? On leur donne une nouvelle gare routière propre, équipée, organisée, digne des passagers, mais ils ne veulent pas quitter le capharnaüm de Fasan’ny Karana sous prétexte que c’est plus pratique autant pour eux que pour leurs clients. Ils font des pieds et des mains pour dissuader le ministère des Transports de ne pas appliquer cette décision. Ils argumentent que la gare d’Amoronankona est trop loin de la ville et que ce n’est pas commode pour les voyageurs étant donné que les transports en commun sont rares sur cet axe. Un argument battu en brèche par le ministère des Transports avec la mise en place de navettes et l’augmentation de la fréquence du train urbain.
Le fait est qu’au début des années 2000, les mêmes taxi-brousses n’ont pas bronché quand on les a envoyés en exil au Fasan’ny Karana devant quitter Anosibe après la réhabilitation du marché. Et pourtant, il n’y avait pas à l’époque autant de bus qui passaient à cet endroit. C’est l’existence du stationnement qui a attiré les transporteurs comme tous les petits commerces autour.
Fasan’ny Karana est ainsi devenu l’image de l’anarchie, de l’indiscipline, de l’insalubrité, du trafic en tous genres et le royaume des voleurs… Autant de raisons qui nécessitent son déplacement où les rabatteurs ne pourront plus s’arracher les bagages des malheureux candidats au voyage.
En outre, l’existence du stationnement a créé toute une économie tout autour. Pire, des constructions en dur et totalement illicites se sont érigées sur toute l’étendue de la digue censée protéger la capitale contre les inondations. Alors que la partie ouest de la digue depuis le pont d’Anosizato a été renforcée par le projet Produir, le côté Fasan’ny Karana est fragilisé par les constructions sauvages qui arpentent la façade du stationnement.
Le déplacement du stationnement mettra fin, à n’en pas douter, aux petits commerces qui fleurissent et pullulent dehors comme dedans de la gare.
La politique s’en est mêlée au point de mettre en porte-à-faux un autre ministère vis-à-vis de celui des Transports. Des décisions contradictoires ont émaillé le sujet. Mais le ministère des Transports s’est montré inflexible face au mouvement de fronde orchestré par les prétendus «défenseurs des droits des usagers». C’est la même détermination que les responsables d’autre département ou collectivités doivent montrer face aux manœuvres de ceux qui tirent la Refondation vers l’arrière. Lamentable.
Sylvain Ranjalahy