Les consultations sur les préparatifs électoraux battent leur plein au palais d’État d’Iavoloha. Sous la houlette du colonel Michaël Randrianirina, les échanges réunissent différentes tendances politiques, mais aussi des organisations de la société civile et les forces de l’ordre.
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| Le chef de l’État ouvre les consultations électorales à différentes tendances politiques. |
Ouverture tous azimuts. C’est le mot d’ordre des consultations sur les préparatifs électoraux conduites depuis mardi à Iavoloha par le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État. Les participants sont issus de différentes tendances politiques. Alliés du pouvoir, formations d’opposition ou partis se revendiquant du centre ont ainsi fait part de leurs recommandations sur la voie à suivre pour aller vers les élections.
Parvenir à un consensus afin de créer un climat politique favorable à des élections apaisées, crédibles et acceptées de tous est justement l’objectif de ces consultations. À cet effet, les représentants de la communauté internationale sont conviés aux différentes rencontres à titre d’observateurs. Les partenaires internationaux de Madagascar recommandent notamment “la tenue d’un dialogue politique inclusif visant à dégager un cadre politique consensuel pour l’adoption des réformes institutionnelles pouvant garantir l’organisation d’élections transparentes, crédibles et pacifiques”.
Depuis mardi, l’officier supérieur, accompagné de l’un des hauts conseillers de la Refondation et du président de la Commission électorale nationale indépendante, enchaîne les consultations. Il y a d’abord eu celle avec les membres de l’ancienne plateforme politique Firaisankina, puis avec la nouvelle formation politique KFIM et des associations de femmes, selon la présidence de la Refondation de la République.
Mercredi, le président de la Refondation a reçu la plateforme d’opposition “Isika rehetra miaraka amin’i Andry Rajoelina” (Irmar), ainsi que d’autres entités politiques, comme le parti Vert ou encore le Mouvement Gasikara. Hier, c’était au tour de la plateforme “Kolektifan’ny Malagasy”, de l’association politique FFM, qui soutient le pouvoir de la Refondation, ainsi que de hauts responsables des Forces de défense et de sécurité (FDS).
Refondation à la base
L’institution présidentielle explique la consultation des FDS par le fait “qu’outre être des militaires et des policiers, ils sont également des citoyens qui, par conséquent, ont des responsabilités et des obligations dans les affaires nationales”. Chaque entité ayant participé aux consultations a jusqu’ici fait part de son point de vue et de ses recommandations sur la voie à suivre pour parvenir à des élections crédibles et reconnues de tous, avec l’objectif affiché de mettre fin aux crises politiques cycliques.
Le parti Arche de la nation - ADN a également fait partie des entités politiques conviées aux consultations d’Iavoloha, mercredi. À cette occasion, il a remis au chef de l’État une proposition articulée autour de sept points et fondée sur sa doctrine de “Refondation à la base”.
Pour l’ADN, les élections ne doivent pas constituer une fin en soi. Si elles permettent au peuple de choisir ses dirigeants et de leur conférer une légitimité, le parti estime qu’elles doivent s’accompagner d’une réforme plus large du système de gouvernance.
La formation politique plaide pour une refonte de l’organisation du pouvoir, fondée sur un transfert accru des compétences et de l’autorité vers les territoires, dans le cadre de son projet de “Federalisma Sahaza”. “Le pouvoir doit émaner des communautés à la base et non plus d’une seule personne”, souligne le parti, en ajoutant, “la question ne doit pas être uniquement qui allons-nous élire, mais nous devons également nous demander quel système celui que nous élirons dirigera-t-il le pays”.
L’ADN propose ainsi de renforcer les échelons territoriaux et d’organiser des élections au niveau des “régions-États” et des communes. Il insiste également sur la fiabilité de la liste électorale, la transparence de l’organisation du scrutin et la stabilité des règles électorales.
“Les règles électorales ne doivent pas changer en fonction des personnes candidates ou des dirigeants”, plaide l’ADN. Le parti estime également que l’entité chargée d’organiser les élections doit rester indépendante du pouvoir et des formations politiques.
Garry Fabrice Ranaivoson
