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| Un agent à pied d’œuvre pour l’assainissement de la ville. |
Les opérations de nettoyage se multiplient dans la capitale, mais le civisme peine toujours à suivre. Dans les rues comme dans les canaux, les déchets continuent de s’accumuler alors que des équipes sont mobilisées pour les enlever. Sur le terrain, le constat se fait sous les yeux : sachets plastiques dans l’eau, détritus autour des points de collecte et déchets abandonnés à même le sol. À certains endroits, des corbeilles sont pourtant disponibles.
La Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) a mobilisé des équipes pour nettoyer la ville. Les agents interviennent notamment dans les canaux, où ils doivent retirer des déchets qui s’y sont accumulés. Une situation qui interroge sur le comportement des citoyens et sur la place du civisme dans l’assainissement de la capitale.
« Quelles que soient les actions que nous menons pour nettoyer la ville, le civisme vient de chacun », souligne une sociologue rencontrée lors du reportage. Une réalité visible sur le terrain, où certains habitants continuent de jeter leurs déchets dans des endroits inappropriés. Dans un canal, un agent est rencontré alors qu’il effectue son travail de nettoyage. Il intervient dans une eau souillée, au milieu de déchets de différentes natures. « Nous travaillons dans les eaux sales. Nous sommes des êtres humains comme tout le monde. Beaucoup de saletés passent par ici», témoigne-t-il.
Les déchets qu’il retire ne sont pas toujours faciles à traiter. « Nous retrouvons toutes sortes de déchets ici et la plupart sont difficiles à décomposer », poursuit-il. Les sachets plastiques figurent parmi les détritus les plus visibles dans l’eau. Le manque de civisme se remarque également autour des bacs. Des déchets d’entreprises, du terreau, des remblais, des branches ou encore de gros cartons sont déposés dans les bacs communs, alors que ceux-ci sont destinés aux déchets ménagers. Des déchets médicaux y sont également retrouvés, alors qu’ils doivent suivre un circuit de traitement spécifique.
Selon Tantely Ranoelijaona, directeur général de la Société municipale d’assainissement (SMA), 23 à 25 camions travaillent chaque jour à la collecte des déchets. La ville compte 246 points de collecte et 260 bacs. Quelque 370 agents sont directement mobilisés dans la collecte et l’entretien. Le non-respect des horaires de dépôt et le stationnement autour des points de collecte compliquent aussi le travail des équipes. Le manque d’emplacements pour installer de nouveaux bacs et le non-paiement des taxes constituent d’autres difficultés.
Fanilo Mampianintsoa
