À Antsiranana, le projet « Alifasa » initie quatorze jeunes filles aux métiers de l’audiovisuel. Trois semaines d’apprentissage et d’immersion pour découvrir les différentes étapes de la production.
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| Les participants pendant la restitution du projet Alifasa 4e édition. |
À travers le projet « Alifasa », qui signifie littéralement « fait marcher dans le dialecte du Nord, l’objectif dépasse la simple formation : faire émerger des talents, libérer la créativité et briser les stéréotypes qui cantonnent encore ces métiers aux hommes.
À Antsiranana, la caméra devient un outil d’expression et d’émancipation. Pour sa quatrième édition, le projet « Alifasa » a réuni ces jeunes filles âgées de dix à dix-sept ans autour d’une formation intensive consacrée aux métiers techniques de l’audiovisuel et du cinéma.
Porté par « RHD », en collaboration avec l’Alliance française d’Antsiranana et l’AJFACE d’Antsiranana, le programme a déjà permis, en quatre ans, d’initier cinquante-quatre jeunes aux différentes étapes de la production audiovisuelle.
Pendant trois semaines, les participantes ont plongé dans les coulisses de la création : écriture de scénario, pitch, initiation à l’image et au son, montage, mais aussi stop motion et graphisme. Une immersion concrète, ponctuée par la réalisation d’un court-métrage collectif, présenté aux parents lors de la cérémonie de restitution à l’Alliance française d’Antsiranana.
Briser les tabous
Au-delà des compétences techniques, les premiers résultats se mesurent aussi dans le quotidien des participantes. Les parents, témoins de cette transformation, ne cachent pas leur admiration. « Alifasa a changé la façon dont elle se comporte à la maison. Maintenant, les idées fusent entre elle et ses sœurs et tout est sujet à création », témoigne la mère de Jhade.
Dans les espaces transformés pour l’occasion en véritables plateaux de tournage, les jeunes filles apprennent à travailler en équipe, à défendre une idée, à construire une histoire et surtout à prendre la parole.
Le projet s’inscrit dans un contexte où les jeunes sont quotidiennement exposés à une multitude de vidéos, de films et de contenus numériques, sans toujours connaître les étapes nécessaires à leur fabrication. Mais l’enjeu est également celui de l’égalité. Dans un secteur audiovisuel encore largement masculin, les initiateurs du projet veulent encourager les jeunes filles à investir des métiers techniques souvent perçus comme exclusivement masculins.
« Le monde de l’audiovisuel est dominé par les hommes, pourtant c’est un secteur à fort potentiel pour les jeunes. Il est important de sensibiliser les jeunes filles et de casser les tabous autour de ces métiers techniques », explique l’initiatrice du projet Diana Ramarohetra, tout en soulignant que l’ambition est aussi de leur donner les moyens de raconter leurs propres histoires.
Raheriniaina
