ANTSIRANANA - Les grandes figures des 70 ans d’histoire

La grande salle de l’Alliance française d’Antsiranana accueille, du 6 au 26 septembre, une exposition historique consacrée aux soixante-dix ans de la province d’Antsiranana, de 1956 à 2026.

L’exposition a attiré des jeunes et des universitaires.

À travers des portraits, des documents et d’autres traces du passé, l’exposition replonge les Antsiranais dans sept décennies d’histoire. Les personnalités qui ont marqué la vie politique, administrative et sociale de la région y occupent une place particulière. Elles rappellent que l’histoire d’un territoire s’écrit aussi à travers les femmes et les hommes qui l’ont façonnée.

Organisée à l’initiative d’Iss Heridiny, journaliste et historien, en collaboration avec la Faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université d’Antsiranana, cette exposition commémore les soixante-dix ans d’histoire d’Antomboko, appelée également Diego-Suarez ou Antsiranana.

Au-delà de la célébration de cet anniversaire, elle se veut surtout un espace de transmission et de valorisation de la mémoire locale. L’objectif est de rappeler aux habitants que leur région possède une histoire propre, riche de figures et de personnalités qui ont contribué à la façonner.

« Ce qui est regrettable, c’est que la population antsiranaise connaît encore trop peu son histoire », déplore l’initiateur de l’exposition. Selon lui, cette méconnaissance traduit une forme d’oubli de l’histoire régionale, alors que celle-ci constitue un élément essentiel de l’identité collective. Ce constat résonne moins comme un simple regret que comme un avertissement. Il estime qu’il est inutile de prétendre construire des régions fortes si leur propre histoire reste méconnue.

Il suffit de pousser la porte de la salle d’exposition pour remonter à plusieurs décennies. Sur les murs, les portraits d’anciens responsables politiques et administratifs, de personnalités de la société civile et de figures ayant marqué la vie locale font ressurgir des noms, des visages et des souvenirs parfois enfouis. La salle devient ainsi une sorte de miroir du passé d’Antsiranana.

Trente personnalités politiques, administratives et sociales sont mises à l’honneur. Parmi elles figurent l’ancien président de la République Albert Zafy, le roi progressiste Saïd Achimo, le président de Faritany, le syndicaliste Francis Sautron, l’historien Cassam Aly, la première sénatrice de Madagascar, Fatima Achimo, ou encore le gouverneur Jean Robert Gara.

Cette galerie de portraits raconte, à hauteur d’homme, les différentes étapes de l’histoire d’une ville et de sa région. Les visiteurs n’ont pas besoin d’un long discours pour comprendre l’ambition de l’exposition : il leur suffit d’observer les murs.

D’autres personnalités ayant occupé une place importante dans la vie publique sont également présentées : le général de corps d’armée Ismaël Monibou, les anciens Premiers ministres Jean-Omer Beriziky et Olivier Mahafaly, l’ancien président de l’Assemblée nationale Jean-Max Rakotomamonjy ou encore le colonel Coutiti.

Des figures et des époques

Parmi ces portraits, celui d’Albert Zafy occupe une place particulière. Originaire de la région Diana, plus précisément d’Ambilobe, le professeur de médecine est devenu une figure majeure de la vie politique malgache avant d’accéder à la présidence de la République en 1993.

À ses côtés, d’autres parcours racontent différentes facettes de l’histoire d’Antsiranana. Saïd Achimo, présenté comme un roi progressiste, renvoie à une période plus ancienne ainsi qu’aux formes d’autorité et d’évolution sociale propres au Nord. Francis Sautron, syndicaliste décrit comme farouche, rappelle le poids des luttes sociales et du mouvement syndical dans l’histoire locale. Le portrait de Cassam Aly, historien reconnu, apporte une autre dimension à cette galerie : celle de la recherche et de la transmission du passé.

Du gouverneur au Premier ministre, la dimension politique et administrative apparaît avec force dans la seconde partie de l’exposition. Pour les plus âgés, certains noms réveillent des souvenirs précis. Pour les jeunes générations, ils constituent une première rencontre avec des personnalités dont les parcours appartiennent désormais à l’histoire locale. C’est précisément en cela que l’exposition prend tout son sens.

Raheriniaina

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