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| L'assainissement d’Antananarivo reste un grand chantier pour la commune urbaine. |
La ville respire un peu mieux. Les montagnes d’ordures se font plus discrètes. « Une légère amélioration du ramassage des déchets est observée. Il n’y a plus vraiment d’entassement d’ordures, en ce moment. C’est le même constat, que ce soit dans les bacs du marché ou celui de notre quartier », a témoigné, hier, Gabriel Rakotomalala, président de l’association des commerçants d’Anosibe, un quartier où des montagnes d’ordures se formaient pourtant fréquemment par le passé.
La plupart des bacs à ordures dans les 192 fokontany se trouvent dans le même état. Les camions passeraient régulièrement pour ramasser les déchets. La Société municipale d’assainissement (SMA), qui assure la collecte des déchets dans les bacs ainsi que le curage des petits canaux, affirme un taux de ramassage qui atteindrait désormais 80 à 85 %.
Mais les bacs ne sont pas pour autant totalement vidés. Dans les endroits éloignés des grands axes de circulation, les déchets continuent de s’amonceler. Des riverains craignent que la situation ne redevienne pire avec l’arrivée de la saison des pluies, qui rime avec la saison des fruits qui fait augmenter les déchets. La SMA ramasse actuellement près de 1 300 tonnes de déchets par jour. Ce volume pourrait grimper jusqu’à plus de 2 000 tonnes par jour durant la saison des pluies.
Aucune sanction
L’assainissement reste, en effet, un éternel problème pour la ville d’Antananarivo. La Redevance sur les ordures ménagères (ROM), prélevée sur l’Impôt foncier sur les propriétés bâties (IFPB), et la redevance de l’assainissement des eaux usées, prélevée sur la facture de la Jirama, constituent les principales sources de financement de l’assainissement de la ville d’Antananarivo. Or, le taux de recouvrement de ces impôts reste extrêmement bas.
Au titre des exercices 2021 et 2022, seuls 15 % des contribuables se sont acquittés de leurs impôts, soit 33 000 maisons sur 200 000. Pour les exercices 2023-2024, lors de la campagne d’août-septembre 2026, seuls 20 à 25 % des propriétaires des 28 000 maisons ayant déjà reçu un avis d’imposition ont payé. Pour la deuxième vague, la commune va encore envoyer entre 200 000 et 300 000 avis d’imposition, qui correspondent au nombre de maisons dans la ville.
Une grande partie de la population refuse toutefois de régler cet impôt. « Nous avons payé l’IFPB auparavant, mais nous n’en payons plus, car nous ne voyons aucun développement en contrepartie de l’argent que nous versons», témoigne Denis Raherimalala, habitant d’Antananarivo. De son côté, la Commune urbaine rappelle qu’aucun développement n’est possible sans ressources, alors que les ROM constituent justement l’une de ses principales sources de financement. À ce jour, le non-paiement de l’IFPB n’entraîne encore aucune sanction directe.
Ce faible taux de recouvrement a des répercussions directes sur l’assainissement de la ville. Sur les 40 camions dont dispose la SMA, seuls 23 à 25 sont opérationnels au quotidien, dont 15 à 17 camions-bennes et 8 bennes tasseuses, selon la Commune urbaine d’Antananarivo. Les fonds perçus ne suffisent pas à faire fonctionner l’ensemble du parc: la SMA a besoin d’environ 2 000 litres de carburant par jour, sans compter les frais d’entretien des véhicules.
Miangaly Ralitera
