AMBASSADE DE FRANCE - Jean-Marc Grosgurin entre en scène

Le nouvel ambassadeur de France a remis les copies figurées de ses lettres de créance à la ministre des Affaires étrangères, lundi. Son profil laisse entrevoir les nouveaux enjeux géopolitiques et stratégiques qui entourent les relations entre les deux pays.

Jean-Marc Grosgurin remettant les copies figurées de ses lettres de créance à la ministre des Affaires étrangères, Alice N’Diaye.

Le visage de la diplomatie française à Madagascar change. Après le mandat d’Arnaud Guillois, Jean-Marc Grosgurin prend les rênes de l’ambassade de France. Il a remis les copies figurées de ses lettres de créance à Alice N’Diaye, ministre des Affaires étrangères, lundi.

« Les échanges qui s’en sont suivis ont permis de passer en revue l’état des relations multiformes entre les deux pays et ont réaffirmé leur volonté de mettre en œuvre le partenariat renouvelé énoncé par la feuille de route agréée par les deux chefs d’État à Paris, en février 2026», rapporte le communiqué du ministère des Affaires étrangères. « (…) Ce partenariat se veut davantage axé sur la mise en place de projets structurants sur le plus long terme, avec une attention particulière accordée aux projets ayant un impact direct sur la population, notamment dans les secteurs des infrastructures », ajoute le communiqué.

L’entrée en fonction de Jean-Marc Grosgurin intervient toutefois à un moment où les relations franco-malgaches se trouvent au croisement de plusieurs enjeux. Le changement de pouvoir politique dans la Grande Île s’accompagne d’une reconfiguration de ses partenariats internationaux. Le retour à une coopération renforcée avec la Russie, notamment dans le domaine militaire, en constitue l’une des illustrations.

Gestion de crise

Cette nouvelle configuration de la diplomatie malgache marque le retour au premier plan de la Russie dans l’océan Indien. Dans le même temps, la France réaffirme ses intérêts dans cette région stratégique. De sources avisées, la nomination de Jean-Marc Grosgurin n’est pas anodine. Au-delà de la conjoncture et des enjeux géopolitiques et stratégiques qui se jouent à Madagascar et, plus largement, dans la région de l’océan Indien, le diplomate possède un parcours marqué par la gestion de crises.

Selon son profil LinkedIn, le nouvel ambassadeur de France a déjà représenté la diplomatie française au Yémen de 2014 à 2016. En 2014, les rebelles houthis avaient pris le contrôle de Sanaa, la capitale yéménite.

Jean-Marc Grosgurin a ensuite été nommé en Guinée, où il a exercé de 2016 à 2020. Durant cette période, le pays a traversé de fortes tensions politiques, notamment autour du changement de Constitution initié par le président guinéen de l’époque afin de pouvoir briguer un troisième mandat.

De 2020 à 2023, Jean-Marc Grosgurin a été ambassadeur en Centrafrique. Là encore, il avait pris ses fonctions dans un climat politique et sécuritaire tendu. Son mandat avait notamment coïncidé avec une forte dégradation des relations diplomatiques entre Paris et Bangui. Durant cette période, la Centrafrique avait amorcé un virage stratégique vers la Russie, accompagné de l’implantation du groupe paramilitaire russe Wagner dans le pays.

Ces différentes expériences l’ont confronté à des environnements politiques et sécuritaires complexes. Sa connaissance de la gestion des crises et sa capacité à maintenir le dialogue dans des contextes diplomatiques tendus pourraient ainsi constituer des atouts dans sa nouvelle mission à Madagascar.

Des atouts que la France pourrait chercher à faire valoir alors que la Russie revient au premier plan parmi les partenaires stratégiques de Madagascar et que les relations franco-malgaches connaissent des périodes de tension depuis l’avènement du régime de la Refondation.

Garry Fabrice Ranaivoson

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