STADE BAREA - L’absence d’homologation pénalise le monde du foot

Inauguré avec l’ambition de devenir la vitrine du sport malgache, le Stade Barea n’a toujours pas obtenu son homologation. Une situation qui pèse lourdement sur le football national, sur les plans financier comme sportif.

Vue d’ensemble du stade Barea, le joyau qui attend son homologation.

À l’approche des matchs de qualification pour la CAN 2027 et des rencontres des clubs engagés dans les compétitions africaines, les amateurs de football sont de nouveau privés de matchs au stade de Mahamasina, faute d’homologation. Madagascar continue ainsi de disputer à l’étranger des rencontres qu’il est pourtant censé jouer à domicile.

Le paradoxe est saisissant. Madagascar possède une enceinte moderne de 40 000 places, présentée comme un symbole du renouveau du football national, mais les Barea et les clubs qualifiés pour les compétitions africaines ne peuvent toujours pas y recevoir leurs adversaires dans les conditions exigées par la Confédération africaine de football (CAF). Combien coûte réellement à la Grande Île l’absence d’un stade national pleinement opérationnel ?

Les dernières rencontres officielles de la sélection à Mahamasina remontent à mars 2024, lors du tournoi triangulaire international avec le Burundi et le Rwanda. Depuis, les matchs internationaux doivent être délocalisés, avec les contraintes logistiques et financières que cela implique.

Pour un match des Barea disputé au Maroc, un membre de la délégation, qui accompagne régulièrement les déplacements de la sélection dans le royaume et s’exprime sous couvert d’anonymat, explique : « La somme nécessaire pour la préparation administrative, le déplacement, l’hôtel et la restauration, ainsi que les frais de séjour, tourne entre 70 000 et 120 000 dollars, soit entre 280 et 500 millions d’ariary, pour une délégation de 35 à 45 membres. Et pour les qualifications à la CAN 2027, les Barea feront au moins trois sorties pour des matchs qui sont censés être joués à domicile. »

Chaque match international disputé hors de Madagascar entraîne des dépenses supplémentaires : transport de la délégation, hébergement, restauration, logistique et organisation. Surtout, le pays perd ce qui fait la valeur d’un véritable match à domicile : son public.

Ambition nationale inaboutie

Un match international joué à Mahamasina ne se résume pas à vingt-deux joueurs sur une pelouse. Il fait vivre les tribunes, les transports, les petits commerces et tout un environnement économique autour du stade. Lorsque la rencontre est déplacée à l’étranger, cette activité échappe au territoire malgache. À cela s’ajoute une perte sportive : privé de ses supporters, Madagascar renonce à une partie de l’avantage que procure normalement un match à domicile.

Les clubs CFFA et FC Rouge, engagés dans les compétitions africaines, doivent eux aussi mobiliser des budgets considérables pour disputer leurs rencontres, à l’aller comme au retour, hors de Madagascar.

L’enjeu dépasse donc la seule question de l’homologation. Tant que le Stade Barea ne répondra pas aux exigences de la CAF, Mahamasina restera le symbole d’une ambition nationale inaboutie, dont la facture continue de s’alourdir.

Donné Raherinjatovo

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