PROJET HYDROÉLECTRIQUE - Une délégation du Fonds souverain visite le site de Sahofika

Le projet Sahofika semble sortir de l’impasse. Une délégation du Fonds souverain malagasy s’est rendue sur place pour constater de visu l’état du site. Selon les informations partagées le 7 août par la radio locale AZ Radio, le président du conseil d’administration du Fonds souverain malagasy (FSM), Andriniaina Raharinomena, son directeur général, Beni Xavier Rasolofonirina, ainsi que le député élu dans le district d’Antanifotsy, Narson Rafidimanana, ont survolé le site à bord d’un hélicoptère. Cette visite in situ montre le regain d’intérêt pour ce projet hydroélectrique, classé prioritaire par le gouvernement. Après des années d’enlisement, le projet Sahofika pourrait ainsi faire quelques pas de plus vers sa concrétisation.

Lancé à la suite d’un appel d’offres international en 2015-2016, il vise une capacité initiale d’environ 192 mégawatts, extensible à terme, ce qui en ferait la plus grande centrale électrique du pays. L’électricité produite doit être injectée dans le Réseau interconnecté d’Antananarivo et alimenter, au-delà, Antsirabe, Fianarantsoa et Toamasina. Pour une île où les délestages rythment le quotidien et où le thermique pèse lourd dans la facture, l’enjeu est autant économique que politique.

La maîtrise d’ouvrage est assurée par la société de projet NEHO (Nouvelle Énergie Hydroélectrique de l’Onive). À l’origine, le projet reposait sur un consortium à forte composante française, constitué au fil des visites officielles entre Paris et Antananarivo. Le groupe de BTP Eiffage devait réaliser les études et construire les infrastructures, tandis qu’Eranove, utility franco-africaine basée à Paris, devait assurer l’exploitation pendant 25 ans. Themis était, pour sa part, chargé du financement. En 2023, un premier bouleversement intervient avec le retrait d’Eiffage du tour de table.

La relance est ensuite venue de l’État. En mai 2025, le Fonds souverain malagasy a acquis 49 % du capital de NEHO. Une démarche qui sécurise le montage et rassure les bailleurs, notamment la Banque africaine de développement en tête, aux côtés de l’Union européenne. Eranove reste également engagée et demeure l’un des principaux piliers industriels du projet.

Sur le terrain, des signaux montrent que les lignes commencent à bouger. Depuis le 2 juin 2026, les travaux d’aménagement de la route d’accès ont démarré. Le chantier, long de 62,7 kilomètres entre Ilempona et le pont de Belanitra, dans le district d’Antanifotsy, a été confié à Colas Madagascar, filiale du groupe Colas lui-même adossé à Bouygues. Les vingt premiers kilomètres avancent, avec un achèvement visé pour juin 2027. 

Itamara Otton

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