Étudiant à l’ENI, Andotiana Kanto Fitiavana Rahandrisoa enchaîne les distinctions internationales en IA. Il représentera bientôt Madagascar au Robotex International à Séoul.
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| Andotiana Kanto Fitiavana Rahandrisoa aux côtés d’un robot au Kazakhstan. |
À 19 ans, Andotiana Kanto Fitiavana Rahandrisoa s’impose déjà dans le paysage de l’informatique malgache. Étudiant en deuxième année d’Informatique générale à l’École nationale d’informatique (ENI) de Fianarantsoa, il multiplie les participations aux compétitions internationales d’intelligence artificielle, de programmation et de robotique. Prochaine étape: Séoul, en Corée du Sud, où il représentera Madagascar au Robotex International 2026.
Son intérêt pour la technologie remonte à son enfance. À Ampitatafika, où il a grandi, son grand-père l’initie à l’électronique. « Je le regardais démonter, réparer, expliquer », raconte-t-il. À 14 ans, il se tourne vers la programmation. Son grand frère, alors étudiant à l’ENI, lui transmet ses premières bases, notamment en programmation web. Le jeune garçon poursuit ensuite son apprentissage en autodidacte, faute de formation spécialisée à proximité.
Documentation, cours en ligne, articles de recherche et communautés sur Internet deviennent alors ses principaux outils de formation. Cette méthode lui apprend surtout à chercher et à résoudre seul les problèmes. « L’autodidaxie vous apprend quelque chose que peu de cours enseignent: comment apprendre », souligne-t-il.
Après son BEPC au Collège privé Lovasoa d’Ampitatafika et son baccalauréat série D, obtenu entre le Lycée d’Ampitatafika et le Lycée privé Sunbeam, il intègre l’ENI après le concours d’entrée.
Source de fierté
Malgré un calendrier chargé par les compétitions, il conserve de très bons résultats académiques, avec des notes pouvant atteindre 19/20.
En novembre 2025, alors qu’il est encore en première année, il remporte le premier prix du Hackathon Classique à l’Institut français de Madagascar, organisé autour du thème « Cultiver demain ». En moins de quatre jours, il prend en charge la programmation d’un jeu éducatif et d’une plateforme d’apprentissage.
En avril 2026, il décroche la troisième place continentale et une médaille à l’African Olympiad in Artificial Intelligence, en Tunisie. Il participe ensuite à l’Olympiade internationale d’intelligence artificielle au Kazakhstan, dans des épreuves consacrées notamment au machine learning, au deep learning, au traitement automatique du langage et à la vision par ordinateur.
Son parcours le conduit également en Allemagne. Il est sélectionné parmi les vingt participants du MLESM Hackathon, organisé par les universités de Bonn et de Cologne, un programme principalement destiné aux doctorants et jeunes chercheurs. Sa participation alors qu’il est encore en L2 constitue une nouvelle reconnaissance de ses compétences.
Derrière ces résultats, le jeune informaticien insiste sur le rôle de ses mentors, Tiffany Cynthia et Isis Eden, qui l’ont accompagné dans sa préparation aux olympiades.
Représenter Madagascar à l’étranger est pour lui une source de fierté, mais aussi une responsabilité. « Quand on entre dans une salle et qu’on voit le nom de son pays sur son badge, on ne concourt plus seulement pour soi », affirme-t-il.
Les difficultés restent nombreuses : financement des voyages, démarches administratives, accès au matériel, puissance informatique limitée, coupures de courant et manque de mentors spécialisés. Pourtant, ces contraintes nourrissent aussi sa capacité d’adaptation.
En novembre 2026, il participera au Robotex International à Séoul, où il concourra dans les domaines de la robotique, de la programmation, des systèmes embarqués et des systèmes autonomes. Une sélection qui représente pour lui un retour aux sources, vers l’électronique découverte auprès de son grand-père.
À l’avenir, Andotiana souhaite se spécialiser dans l’intelligence artificielle embarquée. Il ambitionne notamment de développer des solutions adaptées à l’agriculture et à l’éducation malgaches, capables de fonctionner avec peu de connexion et de ressources.
Son autre ambition est de transmettre son savoir.
« Ce qui m’a le plus manqué à 14 ans, c’était quelqu’un pour baliser le chemin. J’aimerais être cette personne pour d’autres », confie-t-il. À terme, il souhaite mettre ses compétences au service de Madagascar, entre recherche, enseignement et innovation.
Lucia Rabarijaona
