NOTATION DE L’AGENCE S&P GLOBAL RATINGS - La situation économique se stabilise

Dans un rapport publié fin juillet, S&P Global Ratings maintient la note souveraine de Madagascar à B-. Cette actualisation des données économiques confirme que le pays poursuit sa stabilisation au cours du dernier semestre.

La croissance économique devrait être modérée  au second semestre.

Les perspectives de croissance restent favorables malgré les chocs subis. L’agence Standard & Poor’s Global Ratings a publié, le 27 juillet 2026, un rapport dressant un état des lieux de la situation économique du pays. La troisième plus grande agence mondiale de notation financière table sur une croissance modérée, appelée à accélérer progressivement. « La croissance du PIB devrait rester modérée à 3,1 % en 2026, le temps que l’économie se remette des chocs énergétiques du premier semestre liés aux conflits au Moyen-Orient, même si la suspension de l’indexation automatique des prix de l’énergie a limité leur transmission à l’inflation », indique le rapport.

Depuis six mois, l’économie nationale continue ainsi d’absorber les effets de la hausse des prix du pétrole provoquée par les tensions au Moyen-Orient. S&P prévient toutefois que « la volatilité géopolitique persistante demeure un risque à la baisse ».

Après le passage des cyclones Fytia et Gezani, le pays est engagé dans une phase de reconstruction, qui devrait également soutenir la croissance. Selon l’agence, celle-ci sera aussi portée par l’agriculture, la demande croissante de nickel liée aux véhicules électriques ainsi que par les travaux de reconstruction. « Sur la période 2027-2029, la croissance du PIB devrait se stabiliser autour de 4 %. »

Le secteur minier demeure l’un des principaux moteurs potentiels de l’économie. S&P souligne qu’il « dispose d’un fort potentiel, mais sa performance reste volatile ». Le nickel, crucial pour la transition énergétique, souffre encore de la volatilité des prix. L’agence estime qu’« une plus grande stabilité politique pourrait soutenir les projets et les développements ».

Des réformes ont déjà été engagées cette année avec le dégel de l’octroi des permis miniers, suspendus depuis seize ans. Plus de 1 600 dossiers ont été rouverts dans un cadre plus clair, prévoyant une redevance de 5 % et des garanties de stabilité. Parmi les facteurs de résilience figurent également des réserves de change maintenues à un niveau satisfaisant, le soutien continu des partenaires internationaux à des projets structurants et une structure de la dette publique jugée favorable.

Des défis structurels demeurent toutefois. L’agence relève notamment les fragilités liées à la gouvernance, à la stabilité politique et à la forte dépendance du pays aux importations.

Contrepoids

Le déficit du compte courant suit une trajectoire descendante, dans un contexte marqué par des exportations de matières premières peu dynamiques (vanille, nickel, cobalt), des importations structurellement élevées de denrées alimentaires et de carburants, ainsi que par l’instabilité politique, qui pèse sur le textile et le tourisme, le tout aggravé par les chocs énergétiques de 2026. Les rapatriements de bénéfices des entreprises minières pèsent sur le solde des revenus, tandis que les transferts de fonds des expatriés, représentant 6 % du PIB, constituent un important contrepoids. « À long terme, nous anticipons une stabilisation grâce à l’amélioration des exportations et à la réduction des besoins d’importations énergétiques », estime l’agence.

Les incertitudes politiques demeurent un facteur de risque majeur. Combinées au faible revenu par habitant, à la vulnérabilité climatique et à la forte dépendance du pays aux importations alimentaires et énergétiques, elles maintiennent Madagascar dans une situation fragile. « La trajectoire à long terme de Madagascar reste liée à la stabilité politique et au rythme de mise en œuvre des réformes », conclut S&P.

Le gouvernement de la Refondation a annoncé plusieurs mesures destinées à redresser l’économie, notamment l’accélération des décaissements et de la mobilisation des recettes publiques, l’élargissement de l’assiette fiscale grâce à la digitalisation, la réduction des exonérations, la lutte contre la corruption ainsi que l’application du nouveau code minier afin de sécuriser les investissements. « Leur mise en œuvre dépend de la stabilisation de la situation politique actuelle », souligne l’agence.

Entre janvier et juillet 2026, cette évaluation constitue la deuxième revue réalisée par S&P Global Ratings. Les notations demeurent inchangées après six mois. Madagascar conserve ainsi une trajectoire macroéconomique stable malgré les réformes en cours et les différents chocs auxquels le pays est confronté.

Itamara Otton

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