Les cas de lynchage et de justice populaire se multiplient. Sur la base de simples rumeurs, ils peuvent aussi viser des innocents.
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| Comme cette femme tenant son enfant dans sa main, dans la rue, les parents redoublent désormais de vigilance. |
À la psychose liée aux enlèvements s’ajoute désormais un autre cauchemar : le lynchage. Les cas de vindicte populaire connaissent une recrudescence inquiétante. Dimanche, un couple en a fait la douloureuse expérience, selon le témoignage d’une proche.
« Ils ont été accusés d’être des tueurs et des ravisseurs d’enfants. Ils ont failli y laisser la vie », raconte Lilou Rav, la sœur de l’une des victimes. Elle rejette catégoriquement les accusations visant son frère et sa belle-sœur.
« Ils étaient simplement sortis pour manger. Cette agression est partie d’une dénonciation calomnieuse lancée dans la rue. Dans la foule, quelqu’un a affirmé que mon frère l’avait frappé avec un casque, alors qu’il ne conduisait même pas de moto », poursuit-elle.
Ce cas est loin d’être isolé. Le 30 juillet, une femme d’une trentaine d’années a également échappé de peu à un lynchage à Ankazomanga.
« Elle a été soupçonnée d’avoir voulu enlever un enfant, alors qu’elle souffre en réalité de troubles mentaux. Elle est entrée par hasard dans une maison où un enfant se trouvait seul », rapporte une source policière.
La foule s’était déjà rassemblée pour s’en prendre à elle. « Nous sommes arrivés à temps pour la sauver de cette vindicte populaire », indique une source auprès du commissariat du 7e arrondissement. À Faratsiho, un lynchage a coûté la vie à un homme de 30 ans, accusé d’avoir enlevé un enfant.
Plusieurs facteurs
« La société malgache est brisée. La confiance a disparu et la méfiance règne. Au moindre comportement jugé étrange ou à la moindre attitude suspecte, le couperet tombe. Une simple dénonciation calomnieuse peut faire basculer la vie d’un innocent », déplore un observateur.
Plusieurs facteurs favoriseraient la vindicte populaire. « Il y a d’abord ce manque de confiance envers l’appareil judiciaire. Face à des enquêtes qui s’éternisent, comme l’affaire Remenabila, l’incendie du Rova de Manjakamiadana, l’assassinat de Ratsimandrava ou encore l’affaire d’Ambohimalaza, dont la vérité n’a toujours pas éclaté, les gens finissent par chercher des réponses ailleurs. C’est cette impunité et ce silence qui poussent la population à vouloir se faire justice elle-même », analyse notre source.
La Police nationale multiplierait les actions de sensibilisation afin de prévenir les actes de justice populaire. Leur éradica tion nécessitera toutefois du temps.
« La dégradation de la société et de nos institutions résulte d’un long processus, et je reste convaincu que leur redressement nécessitera tout autant de temps. Cela devra passer par une réforme des structures, une refonte de l’éducation et un effort visant à inciter les citoyens au discernement, à la réflexion et à des choix éclairés. À court terme, l’urgence est d’assurer un fonctionnement irréprochable de l’ensemble de l’appareil judiciaire », recommande l’observateur.
Miangaly Ralitera

Tout cela est arrivé depuis le changement de régime politique . Faut se poser les bonnes questions. La démocratie doit impérativement revenir dans notre pays sinon nous partons à la catastrophe sociétale !!!
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