INSÉCURITÉ, DÉLESTAGE, ÉTIAGE - La situation sociale se crispe

Le retour du délestage, l’insécurité font monter la crispation sociale. Alors que la période d’étiage commence à peine, les premiers signes de mécontentement apparaissent déjà.

Les techniciens ont essayé de réparer le moteur défaillant du TAC 1 depuis jeudi.

Trois heures, voire plus. C’est la durée des coupures de courant dans certaines zones du Réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA). Alors que la période d’étiage commence à peine, le délestage revient déjà en force. Une situation qui alimente l’exaspération des usagers.

La Jirama explique ces longues interruptions par la panne du groupe TAC 1, de la centrale thermique d’Ambohimanambola. Une défaillance qui tombe mal pour la compagnie nationale, au moment où la baisse de la production hydroélectrique commence à peser sur l’approvisionnement en électricité. Le problème est d’autant plus préoccupant que l’État avait tenté d’anticiper les difficultés liées à l’étiage.

Du gasoil a ainsi été importé directement par l’État afin d’alimenter les centrales thermiques de la Jirama pendant les six prochains mois. L’objectif est de compenser l’insuffisance de la production hydroélectrique durant cette période. Mais les pannes des équipements viennent désormais contrarier cette stratégie et raviver les inquiétudes sur la capacité du réseau à répondre à la demande.

Selon une source de la Jirama, « les groupes qui sont habituellement utilisés pour compenser durant les heures de pointe tournent constamment à plein régime actuellement et c’est la cause des pannes. Malheureusement, les équipements sont anciens et les pièces de rechange doivent être importées de l’étranger. Pour le TAC 1, la relance de la pièce défaillante est déjà en route ».

Dimension politique

Cependant, les explications techniques sont difficilement audibles face à la frustration sociale. Des usagers commencent d’ailleurs à manifester leur mécontentement sur le terrain. Hier soir, des habitants d’une localité à Anosiala ont bloqué la circulation en brûlant des pneus pour dénoncer les coupures d’électricité. Sur la question de l’anticipation, il faudra aussi se pencher dès maintenant sur la question de la disponibilité de l’eau potable.

Des projets destinés à renforcer la production et les infrastructures de distribution d’eau sont en cours dans les grandes villes et plusieurs localités du pays, dont Antananarivo. Leur accélération apparaît toutefois nécessaire pour éviter une éventuelle pénurie lorsque l’étiage atteindra son niveau le plus critique.

La question n’est pas uniquement socio-économique. L’année dernière, la crise de l’eau et de l’électricité avait été le déclencheur de la contestation populaire ayant conduit à la chute de l’administration Rajoelina. La gestion de ces deux ressources revêt ainsi une forte dimension politique. Les explications sur les difficultés techniques rencontrées par la Jirama ne suffisent plus à apaiser la crispation populaire.

Cette tension énergétique s’ajoute à l’insécurité qui nourrit déjà la psychose depuis plusieurs semaines. La découverte, dimanche dernier, des corps sans vie de deux jeunes filles à Ambohimanga, puis l’assassinat d’un vidéaste par un cambrioleur à Antohamadinika, en début de semaine, ont ravivé les inquiétudes au sein de la population. Le contexte économique accentue encore cette pression.

La rentrée scolaire approche, avec son lot de dépenses pour les familles, à savoir les frais d’inscription, les fournitures et d’autres charges. La hausse des prix des fournitures vient alourdir davantage le budget déjà éprouvé des ménages.

Garry Fabrice Ranaivoson

3 Commentaires

  1. Une description " fourre-tout " pour envenimer un contexte fragilisé par des paramètres extérieurs au point de mettre de l'huile sur le feu sans effort pédagogique et sans conscientisation populaire . La situation est d'autant plus ocnjoncturelle que structurelle .La jirama ne s'est pas départie de ses responsabilités en avançant des explications qui semblent crédibles . Il ne faut mentir au peuple pour combattre l'insécurité avec l'illusion de mettre un policier derrière les 30 millions de Malgaches . A notre connaissance il n'est pas nouveau que le pouvoir d'achat des Malgaches n'est plus en mesure d'assurer les dépenses liées à la rentrée scolaire .
    En tous cas une explosion sociale faisant le parallèle des mouvements populaires de septembre 2025 avec la GEN Z est loin d'être une réalité sauf pour les " mpamendrofendro akaman'ilay raikaly nitsaoka iny " !

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  2. Ah, ilay mpaminany Marc, tsy afaka miaina raha tsy misy ny teniny aho raha mba nanana herinaratra. Saingy tsia, milaza ny mpaminany fa tsy diso mihitsy izy ireo, nefa raha ny marina dia tsy afaka manatanteraka ny fampanantenany fotsiny izy ireo ary tsy maintsy nividy tanky tamin'ny namany, ilay mpivaro-kena.
    Samy manana ny laharam-pahamehany ny tsirairay: ianareo tanky anareo, fa izaho kosa manana ny herinaratrako.
    Toa mbola tsy mahavita izany izy ireo: ny manala azy ireo.

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    1. Aza mirediredy sao efa tsy zakan’ny loha ilay sigara be . Inona no hidiran ´ny tanky nomena fa tsy novidiana amin’ny famahana ny olan’ny Jirama sns … Ny anareo ilay kanosa lahy nitsaoka raha nanglatra sy nampamono olona ireny vola be no lanilanina foana resaka téléphérique , Kianna Barea , lac Iarivo sns kanefa tsy nisy jiro sy rano teto aman-taonany ! Rehefa kely saina mpisolelaka taminy dia manao resaka adala sisa !

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