Hasina Rakotondramiara, président du FC Rouge, vainqueur en titre de la coupe de Madagascar, nous livre les A à Z de la gestion d’un club de quartier qui va défendre les couleurs nationales à la coupe de la CAF.
Comment fonctionne financièrement un club comme le FC Rouge ?
Les dépenses pour une saison sont colossales. Pour ne citer que les salaires et indemnités des joueurs et des membres du staff, le matériel et surtout les déplacements. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est encore impossible, pour le moment, d’appliquer la formule d’un championnat en poule unique. Nous n’avons pas encore de sponsors ni de partenaires. Les plus grosses dépenses sont les salaires et les déplacements. Pour notre dernier match de Coupe à Antalaha, nous avons dépensé plus de 20 millions d’ariary car, avec une compétition élite, il faut débarquer quelques jours avant le match. Pour avoir une petite idée de nos dépenses de la dernière saison en disputant le championnat et la coupe, nous avons déboursé en tout plus de 200 millions d’ariary. Les salaires des joueurs varient entre 300 000 et 800 000 ariary, s’il est titulaire ou dans la réserve. Et l’état financier est exigé par la Confédération africaine, l’un des critères pour pouvoir obtenir la licence de club.
Les transferts internationaux figurent parmi les ressources financières d’un club, est-ce votre cas ?
Il n’y a aucun retour d’investissement jusqu’ici pour un petit club comme le nôtre. Certes, quelques-uns de nos éléments s’étaient expatriés aux Seychelles, mais c’était surtout une satisfaction personnelle pour nous de les voir évoluer dans des clubs étrangers avec de meilleures conditions. La vente de joueurs figure parmi les retours d’investissement de certains clubs du pays. C’est pour cette raison que nous exigeons la régularisation du transfert international comme le cas d’un de nos joueurs récemment. Chacun sa responsabilité, l’agent s’il y a, le club de formation et la fédération pour aboutir à la délivrance de la lettre de transfert international en bonne et due forme. J’incite au respect des textes en vigueur car chaque club investit beaucoup dans sa gestion. Et le transfert international fait partie de notre vision et de nos ambitions.
Comment allez-vous aborder financièrement la participation à la coupe de la CAF ?
Nous sommes prêts financièrement, mais vu les dépenses nécessaires, nous sollicitons le soutien de toute part. Nous venons d’apprendre hier (jeudi) l’identité de notre adversaire et nous allons devoir nous déplacer en Zambie. De plus, nous allons devoir recevoir le match retour à l’extérieur faute de terrain homologué au pays. D’après nos renseignements et notre estimation, il nous faudrait au moins 350 millions d’ariary juste pour l’achat des billets d’avion d’une délégation de 35 personnes, sans parler de l’hébergement, la restauration et les déplacements sur place. De plus, le terrain homologué se trouve à 400 km de Lusaka, et il faudrait encore prendre un vol intérieur. Nous envisageons aussi de jouer le match retour à Maurice où il y a beaucoup de compatriotes. Nous sommes pour l’heure en train de négocier avec le club adverse pour qu’il soit aussi envisageable de jouer les matchs aller et retour en Zambie ou à Maurice.
Serge Rasanda
