FESTIVAL SÔMARÔHO - L’île aux parfums en effervescence

La 13e édition du Festival Sômarôho s’est ouverte à Nosy Be avec une forte affluence. L’événement confirme son statut de rendez-vous culturel incontournable.

Le ministre Gascar Fenosoa félicite Wawa.

Le Festival Sômarôho continue de faire battre le cœur de Nosy Be. Treize ans après sa création, l’événement s’est imposé comme un rendez-vous incontournable du calendrier culturel malgache. Plus qu’un simple festival, Sômarôho est devenu une tradition profondément ancrée dans la vie des habitants de l’île et de la région Diana.

L’engouement était perceptible dès les premières heures de la journée. À partir de trois heures du matin, une longue file de véhicules s’étirait déjà au port d’Ankify. Voitures, taxis, minibus et camions attendaient l’ouverture des embarquements vers Nosy Be. Face à l’affluence, les agents récupéraient les pièces d’identité des voyageurs avant même l’ouverture des guichets afin d’accélérer les formalités. Les vedettes rapides effectuaient des rotations permanentes entre Ankify et Nosy Be pour transporter les milliers de festivaliers.

À Hell-Ville, la ville semblait avoir changé de dimension. Les rues étaient bondées et les principaux axes, notamment entre Bazary Be et Antranomanohina, étaient fortement encombrés. Dès midi, plusieurs heures avant le départ du défilé, les habitants prenaient déjà place le long des avenues. Les forces de l’ordre étaient mobilisées pour sécuriser le parcours et réguler la circulation.

Le carnaval d’ouverture, point d’orgue de cette première journée, a réuni plus de trente associations et groupes culturels. Dans une explosion de couleurs, de musique et de danses traditionnelles, les quartiers de Nosy Be ont mis en avant leur créativité et leur identité. Les applaudissements nourris du public ont accompagné le cortège tout au long de son parcours jusqu’au stade d’Ambodivoanio, où s’est tenue la cérémonie officielle.

Le stade affichait une affluence exceptionnelle. Autorités civiles et militaires, élus, représentants de l’État et partenaires du festival étaient présents pour ce lancement officiel. Mais, dans les conversations, un autre nom revenait sans cesse : celui de Shenseea, chanteuse jamaïcaine invitée spéciale du festival.

Première fois

L’artiste, accueillie en véritable vedette à l’aéroport deux jours auparavant, était attendue avec impatience par des milliers de festivaliers. Programmée pour animer le bal d’ouverture, puis un grand concert à Ambodivoanio vendredi soir, elle demeure l’une des principales attractions de cette édition.

Cette édition restera également marquée par la présence du ministre de la Communication et de la Culture, Gascar Fenosoa, représentant le gouvernement de la Refondation. Selon les organisateurs, c’est la première fois qu’un ministre participe officiellement au festival depuis sa création, il y a treize ans.

Dans son discours, le ministre a insisté sur l’importance de la culture comme levier de développement et de rayonnement international. Il a annoncé son intention de proposer l’élévation de Joël Isoufaly Andriamahazo, dit Wawa, au grade de commandeur de l’Ordre national, en hommage à son engagement en faveur de la culture. Il a également indiqué que l’État étudierait l’inscription d’un soutien financier au festival dans le prochain budget et qu’il évoquerait avec le président de la Refondation de la République la possibilité d’une participation officielle à la prochaine édition.

L’émotion était palpable lorsque Wawa a pris la parole. Le chanteur a affirmé que le festival n’appartenait désormais plus au seul groupe Wawa, mais à l’ensemble de la population. Le thème de cette édition, « Sômarôho nintsika jiaby » (« Sômarôho pour tous »), traduit cette volonté de faire du festival un projet collectif.

« J’ai fait ma part. Aujourd’hui, j’ai besoin de chacun d’entre vous. Un festival de cette ampleur ne peut plus reposer sur une seule personne. Nous devons avancer ensemble, apprendre de nos erreurs et construire l’avenir, car tout le monde bénéficie des retombées de Sômarôho », a-t-il déclaré.

Treize ans après son lancement, Sômarôho dépasse largement le cadre d’un événement artistique. Il est devenu un moteur économique pour Nosy Be. L’édition 2026 marque ainsi une nouvelle étape dans l’histoire d’un festival qui entend désormais appartenir à tous et rayonner bien au-delà des frontières de Madagascar.

Raheriniaina 

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