Les lycées publics peinent à garantir des conditions d’enseignement satisfaisantes. Classes surchargées, manque d’enseignants et insuffisance des équipements fragilisent le fonctionnement de nombreux établissements.
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| Des lycéens à Soavina. |
Une réalité préoccupante se dessine dans les lycées publics. Les témoignages d’enseignants font état de difficultés persistantes : salles de classe surchargées, laboratoires inexistants ou vétustes et nombre insuffisant d’enseignants.
Dans de nombreux établissements, les infrastructures ne suivent plus l’évolution des effectifs. « Des salles de classe conçues pour accueillir quarante-cinq élèves en comptent aujourd’hui soixante, voire soixante-dix, avec trois élèves par table-banc qui est conçue pour deux élèves », témoignent des enseignants. Le manque d’enseignants qualifiés aggrave la situation. Certaines classes voient ainsi leur volume horaire réduit. « Normalement, la physique-chimie, c’est 4 heures par semaine pour la classe de seconde. Mais faute d’enseignant, l’horaire a été diminué à 3 heures par semaine, dans notre établissement. Il en va de même pour les autres matières scientifiques », raconte un enseignant de physique-chimie dans un lycée public d’Antananarivo.
Le sureffectif et la pénurie d’enseignants touchent particulièrement les zones rurales et les régions les plus reculées, où les établissements peinent davantage à attirer du personnel qualifié.
Préoccupant
« L’ouverture de classes parallèles est envisageable, mais la pénurie d’enseignants réduirait encore plus le temps des cours. Or, conformément à la politique d’État sur l’accès de tous à l’éducation, aucun élève admis en classe de seconde ne peut être exclu», confie le proviseur d’un lycée. Dans ces conditions, les enseignants disposent de peu de marge pour assurer un suivi individualisé des élèves.
L’insuffisance du matériel pédagogique complète ce tableau. De nombreux lycées ne disposent pas de laboratoire ou, lorsqu’ils en sont dotés, les équipements restent insuffisants. « La plupart des cours restent très théoriques car notre laboratoire manque cruellement de matériel pour faire des travaux pratiques. Nous n’avons ni solutions chimiques ni ampoules à décanter. Le matériel électronique disponible, ce sont les ampèremètres et les voltmètres déjà très vétustes et ce sont des équipements d’un niveau de 5eou de 4e », lance un enseignant de physique-chimie. Les travaux pratiques constituent pourtant un élément important de l’apprentissage des matières scientifiques.
À ces difficultés structurelles s’ajoute la précarité économique de nombreuses familles. « Des élèves arrivent en classe, le ventre vide. Certains s’en plaignent. Cela entraîne un manque de concentration chez les élèves », avance un enseignant.
Pour certains enseignants, l’accumulation de ces difficultés, conjuguée à l’usage intensif des réseaux sociaux et à celui, peu encadré, de l’intelligence artificielle, contribuerait à la baisse des performances observée au baccalauréat.
Miangaly Ralitera
