DR MAMY RANDRIANANTENAINA RANDRIAMIARISOA - « La médecine du sport participe au développement d’une discipline »

Le docteur Ny Aina Andrianantenaina Randriamiarisoa, président de l’AMMS.

Le sport de haut niveau ne repose plus uniquement sur le talent et les heures d’entraînement. La médecine du sport intervient à chaque étape de la préparation : évaluation des capacités physiques, prévention des blessures, suivi de l’entraînement, récupération, nutrition et accompagnement après une blessure. Une approche que Madagascar doit considérer comme une priorité dans toutes les disciplines.

Son rôle ne se limite donc pas au traitement des blessures. Un suivi régulier permet d’identifier les facteurs de risque et de mettre en place des mesures préventives. Après une blessure, la rééducation, la récupération et la reprise progressive sont indispensables pour éviter les rechutes.

« À Madagascar, cette discipline dispose déjà d’un cadre réglementaire. Il prévoit la surveillance et la protection de la santé des sportifs, le respect de l’éthique médicale et de l’équité dans les compétitions, ainsi que l’enseignement, l’information et la recherche. Le médecin du sport participe également à l’orientation et au suivi des sportifs », explique le docteur Ny Aina Andrianantenaina Randriamiarisoa, président de l’Association malgache de médecine du sport (AMMS).

La médecine du sport contribue aussi à la lutte contre le dopage. « La médecine du sport est là pour protéger et suivre les sportifs afin qu’ils disposent de toutes les capacités nécessaires pour affronter les compétitions, à Madagascar comme à l’étranger. Elle permet aussi d’expliquer quels médicaments peuvent être pris ou non pendant l’entraînement et les compétitions, afin d’éviter le dopage », souligne le président de l’AMMS.

Un retard à combler

À Madagascar, cette dimension scientifique reste insuffisamment exploitée. Le manque de spécialistes, de structures dédiées, d’équipements et de moyens consacrés à la recherche limite le suivi médical et scientifique des athlètes. Des collaborations existent avec certaines fédérations, comme en haltérophilie, en athlétisme, en rugby et en judo, mais elles restent inégales.

«Le problème à Madagascar est le manque de collaboration entre les entités concernées, notamment le ministère de la Jeunesse et des Sports, le Comité olympique malgache et les différentes fédérations», relève le président de l’AMMS, qui appelle les autres disciplines à renforcer leur coopération. L’association compte environ cinquante membres, parmi lesquels des professeurs, médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, juristes, sages-femmes et journalistes sportifs. La médecine du sport est plus intéressante en biomécanique, physiologie, cardiologie, neurologie, nutrition ou analyse des charges d’entraînement et permet de mieux comprendre les capacités du sportif et d’individualiser sa préparation. 

Donné Raherinjatovo

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