Madagascar ne dispose pas d’une véritable politique nationale de développement du sport. Une lacune qui freine l’éclosion des talents et compromet l’avenir du mouvement sportif.
| Des jeunes athlètes à potentiel souhaitent l’implication de l’État pour briller sur tous les plans. |
À chaque médaille remportée par un athlète malgache, le même constat revient : les succès reposent sur des sacrifices individuels plutôt que sur un système sportif structuré. Derrière les exploits célébrés se cache une réalité plus complexe : le sport malgache évolue encore sans véritable feuille de route capable d’assurer son développement à long terme.
Cette absence de stratégie se ressent à tous les niveaux, à un an des JIOI de 2027 aux Comores. Les infrastructures demeurent insuffisantes, les équipements vieillissent, les centres de formation restent rares et les financements sont souvent difficiles à mobiliser. Les participations aux compétitions internationales dépendent encore largement de la capacité des fédérations à trouver des solutions ponctuelles, au lieu de s’appuyer sur un mécanisme permanent d’accompagnement de l’État.
Le récent forfait des Makis U20 au Barthès Trophy, prévu du 7 au 15 août 2026 à Kampala, en Ouganda, faute de financement, illustre parfaitement les limites de ce système. Cette absence prive de jeunes joueurs d’une expérience internationale importante et rappelle les difficultés rencontrées par plusieurs disciplines pour préparer sereinement leurs échéances.
Le manque de cadre concerne également les athlètes de haut niveau. Contrairement à de nombreux pays qui disposent d’un statut spécifique pour leurs champions, Madagascar ne propose pas encore un véritable dispositif garantissant un accompagnement médical, social ou professionnel. Beaucoup doivent concilier carrière sportive, études et emploi, dans des conditions qui limitent leur progression et peuvent pousser certains talents à chercher de meilleures opportunités à l’étranger.
Inverser la tendance
Les conséquences de cette absence de politique ralentissent la professionnalisation des disciplines, réduisent l’attractivité du sport auprès des investisseurs et rendent difficile la reconversion des anciens athlètes.
La question de la reconversion constitue un autre point faible du système. Après avoir consacré plusieurs années à défendre les couleurs nationales, de nombreux anciens sportifs se retrouvent sans accompagnement. Le récent décès de l’ancien joueur des Makis, Bienvenu Mananjarasoa, a ravivé le débat, tout comme les situations difficiles connues par d’anciens internationaux tels que Kira Michel ou Désiré Rakotonirina, plus connu sous le nom de Dezy Monstre.
Pour inverser cette tendance, Madagascar doit se doter d’une politique nationale ambitieuse, basée sur des objectifs clairs et des moyens durables. Le développement du sport scolaire et universitaire doit également devenir un pilier essentiel. C’est à travers une meilleure détection des talents dès le plus jeune âge et un accompagnement adapté que Madagascar pourra construire une véritable relève sportive.
Lors de la conférence de presse consacrée au lancement des Jeux nationaux du sport scolaire (JNSS) 2026, à Anosy, mardi, le directeur général des Sports par intérim, Harinirina Rajohanesa Brice, a annoncé que « la Politique nationale des sports est en cours d’élaboration. Ce document sera finalisé prochainement », a-t-il expliqué.
Donné Raherinjatovo