La hausse du taux directeur à 12,5 % suscite l’inquiétude des opérateurs. Pour l’économiste David Rakoto, cette décision risque de freiner l’accès au crédit et l’investissement privé.
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| L’économiste David Rakoto livre son point de vue sur la hausse du taux directeur. |
La décision de la Banque centrale de Madagascar (BCM) de porter son taux directeur à 12,5 % tombe comme une douche froide pour les opérateurs. Elle va à contresens des objectifs du gouvernement, à savoir relancer l’économie, encourager les investissements et faciliter l’accès au financement.
« La hausse du taux directeur de la Banque centrale soulève une question : comment concilier la lutte contre l’inflation avec la volonté de relancer l’activité économique ? », s’interroge l’économiste David Rakoto, président du Cercle de réflexion économique de Madagascar (CREM).
La BCM est une institution indépendante et prend ses décisions dans le cadre de sa politique monétaire. Mais une hausse du taux directeur peut avoir des conséquences directes sur le coût des crédits bancaires et, donc, sur les décisions d’investissement. Dans un contexte où l’État cherche justement à encourager les entreprises, notamment les opérateurs nationaux, à investir davantage, la cohérence entre les différentes politiques économiques devient un enjeu important.
Causes
« Le problème n’est pas seulement le niveau du taux directeur, mais son articulation avec la politique économique globale », explique David Rakoto. Lorsque l’objectif est de relancer l’investissement et de faciliter l’accès au crédit, toute hausse du coût de l’argent doit, selon lui, être appréciée en tenant compte de ses effets sur la demande de crédit, l’investissement et la capacité de production du pays.
Cette situation pourrait notamment affecter les opérateurs nationaux. Une hausse du coût du crédit peut conduire certains d’entre eux à reporter ou à réduire leurs projets d’investissement. Or, une baisse de l’investissement privé national peut ralentir la croissance en limitant le développement de la production et de la productivité locales. Un tel scénario serait en contradiction avec la volonté de l’État de promouvoir les investissements nationaux et de créer davantage de croissance à partir de l’économie locale.
La question se pose également au regard des mesures prises par le ministère de l’Économie et des Finances (MEF). La suppression de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les crédits bancaires vise notamment à réduire le coût du financement et à encourager les investissements privés. Mais si, parallèlement, le coût du crédit augmente sous l’effet de la hausse du taux directeur, une partie de l’effet recherché pourrait être limitée.
« Il faut regarder l’effet global des mesures et non chaque décision séparément », souligne le président du CREM. Pour lui, une mesure destinée à faciliter l’accès au crédit risque de perdre une partie de son impact si, dans le même temps, le coût du financement augmente.
Présent lors de la présentation de la politique monétaire de la BCM la semaine dernière, le ministre de l’Économie et des Finances a d’ailleurs rappelé qu’on ne pouvait pas augmenter indéfiniment le taux directeur pour maîtriser l’inflation. La hausse des prix peut avoir plusieurs causes et nécessite donc plusieurs réponses.
« Lorsque l’inflation est liée à des problèmes de production ou d’offre, augmenter le coût du crédit ne suffit pas à résoudre le problème », estime l’économiste.
Au-delà du niveau du taux directeur, c’est donc la cohérence entre les différentes politiques économiques qui est en question. L’indépendance de la BCM doit être préservée, mais elle ne devrait pas exclure le dialogue et la concertation lorsque des décisions importantes peuvent avoir des effets directs sur les objectifs de relance du gouvernement.
« L’enjeu est finalement de trouver un équilibre entre la maîtrise de l’inflation, l’accès au crédit, l’investissement et la croissance locale. Pour réussir sa relance, l’État aura besoin que les différents leviers de sa politique économique avancent dans la même direction », conclut l’économiste.
L'express de Madagascar

Cet économiste a totalement raison car ces augmentations incessantes du taux directeur sont en inadéquation avec les investissements . Il n'y aura pas de création de richesses et par ricochet d'emplois . L'inflation se combat par l'amélioration du taux de croissance avec de meilleures recettes fiscales et la diminution du déficit commercial en ciblant ses importations qui grevent l'économie . Depuis la nomination de ce directeur de la BCM on a légitiment des doutes sur sa compétence à ce poste et de ... son intégrité !
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