Le colonel Randrianirina met en garde contre les divisions politiques et ethniques. Le locataire d’Iavoloha plaide ainsi pour une union nationale au service du développement.
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| Le colonel Michaël Randrianirina durant son discours dans la commune d’Evato, hier. |
Les Malgaches ne font qu’un. Cette phrase a été martelée par le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, dans ses prises de parole, hier. En déplacement dans la région Atsimo Atsinanana, il a mis le Fihavanana et l’unité nationale au centre de son message politique.
Le locataire d’Iavoloha appelle ainsi la population à privilégier la réconciliation, la cohésion et l’unité nationale, et ainsi à transcender les clivages politiques, les questions ethniques ou les différences d’origine. Le contexte du premier événement dans le cadre de sa tournée régionale lui a offert une tribune idéale pour prêcher l’union sacrée pour le développement. Il s’agit d’une cérémonie de consolidation de la fraternité entre huit ethnies, à Evato, une commune sise dans le district de Farafangana.
«Je suis venu à Evato pour montrer mon attachement au Fihavanana. Pour démontrer à quel point le Fihavanana est important», déclare ainsi le chef de l’État. Il a rappelé au passage qu’il a donné l’exemple, il y a une semaine, en se réconciliant avec deux figures politiques du district d’Ambovombe, notamment avec le député Philobert Milavonjy, chef de l’opposition parlementaire. Pour l’officier supérieur, la cohésion nationale est une des conditions pour développer le pays.
Intérêt général
«Nous n’arriverons pas à développer Madagascar si nous nous laissons diviser. Nous n’y parviendrons pas sans être solidaires», soutient alors le colonel Randrianirina. Il pointe particulièrement du doigt la responsabilité des acteurs politiques dans les divisions de la société. «Nous, les politiciens, sommes ceux qui divisent la population, dans le but de gagner des votes. Ne nous laissons plus diviser», lance-t-il à l’assistance, en ajoutant : «Avançons ensemble pour développer le pays».
L’officier supérieur met également le pied dans le plat sur la question des origines ethniques ou géographiques. «Les discours selon lesquels untel est issu de telle ethnie et untel d’une autre, ou bien que celui-ci vient des Hautes Terres et celui-là des côtes n’ont plus lieu d’être. C’est malsain. Madagascar est une seule île. Les Malgaches ne forment qu’un seul peuple, alors cessons de marquer des différences et affirmons plutôt notre cohésion», scande-t-il.
Le chef de l’État met ainsi en garde contre les tentatives de manipulation des différences entre les communautés. Au-delà du cadre de la tournée présidentielle dans la région Atsimo Atsinanana, cette mise en garde intervient alors que les sujets identitaires se font insistants dans les débats publics. Les références aux origines ethniques, aux appartenances régionales ou à la distinction entre populations des Hautes Terres et des régions côtières sont évoquées sans complexe dans certaines discussions politiques.
Ces arguments apparaissent notamment dans le débat sur la forme de l’État, entre défenseurs d’un modèle d’État fédéral et partisans du maintien d’un État unitaire. Certains, dont des figures politiques, n’hésitent plus à proférer des rhétoriques qui exacerbent les clivages, au risque de fragiliser la cohésion nationale. L’unité nationale qui est mise à l’épreuve au lendemain de chaque crise politique traversée par le pays.
Lors de la cérémonie de clôture de la concertation des jeunes, fin juillet, au Centre de conférences international (CCI) d’Ivato, le colonel Randrianirina a déjà cherché à mettre un terme aux controverses autour de l’État fédéral ou de l’État unitaire. Il avait alors indiqué qu’il appartient à la population de trancher sur cette question par le vote. De prime abord, son discours dans l’Atsimo Atsinanana s’inscrit dans cette ligne. En prêchant l’unité nationale, il tend aussi à rappeler que les différences d’opinion ou de vision politique ne doivent pas prendre le dessus sur l’intérêt général.
Garry Fabrice Ranaivoson
