BUDGET - La Grande Île veut accélérer ses projets d’investissement public

La Grande Île veut mettre un coup d’accélérateur à ses projets d’investissement public. Le taux de décaissement demeure faible, ce qui freine une grande partie des projets de développement du pays.

Le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison et le ministre des Finances Herinjatovo Aimé Ramiarison hier au CCI Ivato.

Les investissements publics restent insuffisants, et ce sont les projets vitaux pour le pays qui en pâtissent. C’est le constat dressé hier au Centre de conférences international d’Ivato, à l’occasion de la revue semestrielle de l’exécution budgétaire. Au premier semestre, le taux de décaissement, notamment pour les projets d’investissement public, est resté faible.

Résultat, l’État ne parvient pas à suivre la cadence des grands projets de financement, qu’il s’agisse des routes, des infrastructures énergétiques ou encore du développement industriel, en raison du faible taux de décaissement des fonds publics. « L’exécution budgétaire pour les investissements dans les infrastructures est très faible, alors que le pays a besoin d’infrastructures solides pour soutenir son développement économique », a déploré hier le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison.

Le locataire de Mahazoarivo explique que la lenteur administrative et les procédures de décaissement des fonds essentiels pénalisent le pays dans la réalisation de ses projets structurants. Les retombées concrètes ne se font pas encore sentir au niveau de la population. « Si nous arrivons à décaisser rapidement les fonds, le pays changera de manière significative », a-t-il ajouté.

Cette revue semestrielle n’avait plus eu lieu depuis six ans. « C’est peut-être ce qui explique que ces anomalies dans l’exécution budgétaire n’aient pas été décelées plus tôt. Dans certains cas, parce que les décaissements prennent du temps, les compensations destinées aux familles impactées par les projets d’utilité publique sont retardées. Cela fait patiner des projets censés être exécutés rapidement », explique, pour sa part, le Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, ministre de l’Économie et des Finances.

Même laps de temps

Selon le membre du gouvernement, dans certains projets prévus pour durer trois ans, les décaissements destinés aux compensations prennent le même laps de temps. Cela freine l’avancement des grands chantiers. Il en va de même pour l’entretien des infrastructures publiques. « Si les routes sont impraticables, le pays perd près de 2 % de son PIB chaque année. En revanche, si elles sont bien entretenues, les entreprises pourront accroître leur compétitivité. Le décaissement de ces fonds permettrait d’accélérer les projets de ce type », a confirmé le Grand Argentier.

Pour le second semestre, le gouvernement entend rectifier le tir. Le pays a été secoué par différentes crises. Les cyclones Fitia et Gezani, qui ont paralysé le poumon économique de la Grande Île, ainsi que la hausse des cours du pétrole, ont conduit l’exécutif à revoir certaines de ses prévisions à la baisse. Combinées aux importations massives, ces difficultés ont entraîné une forte baisse des recettes fiscales.

Elles ont reculé de 10 % par rapport au premier trimestre 2025. Avec la loi de finances rectificative, récemment adoptée pour le second semestre, le pays a freiné les importations, notamment en supprimant les exonérations fiscales sur certains produits, comme le riz et les friperies. Selon les chiffres présentés lors de cette revue semestrielle, le second trimestre a été plus favorable. Les importations ont diminué et les recettes fiscales ont progressé de 6 % par rapport à 2025.

Itamara Otton

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne