Les agents de la commune urbaine d’Antananarivo sont entrés en grève. Ce mouvement a entraîné des perturbations pour les usagers.
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| Des usagers mécontents aperçus dans le 3e arrondissement. |
Le ton est monté au 3e arrondissement de la commune urbaine d’Antananarivo (CUA), hier après-midi. Des usagers venus récupérer leur copie d’acte d’état civil ont été contraints de repartir les mains vides. Vers 13 h 30, des agents de l’arrondissement les ont informés, après de longues minutes d’attente, qu’aucune copie d’acte d’état civil ne serait délivrée les lundi 3 et mardi 4 août, en raison de la grève des agents de la commune.
« Il y a des numéros de téléphone sur les demandes déposées. Ils devraient téléphoner à chacun, ou au moins envoyer un message pour nous informer à l’avance. On a fait la queue pendant des heures et voilà qu’ils nous disent que ce service est fermé », râle une femme, en tête de la file d’attente formée devant le service de l’état civil.
Certains sont venus de loin, comme de Mahitsy.
« En tant que fonctionnaires, c’est l’intérêt du public qui doit primer. Si vous ne voulez plus travailler, il faut céder la place », peste un père de famille.
C’est la deuxième fois en une semaine que ce service est à l’arrêt dans cet arrondissement. Nicole Rasoaheriniana, une mère de famille, s’était déjà déplacée sans pouvoir récupérer ses documents, le mardi 28 juillet. « On m’avait expliqué qu’ils étaient en grève et qu’il fallait suivre les informations pour connaître la date de reprise. Je suis revenue aujourd’hui, mais le service ne fonctionne toujours pas », déplore-t-elle.
Suspension de la grève
Cette interruption du service bloque directement les usagers dans leurs démarches. C’est le cas de Nicole Rasoaheriniana, prise par le temps. « Ce document est indispensable pour mon travail. La date limite pour déposer mon dossier est ce mercredi, mais j’ignore si le guichet aura rouvert d’ici là », s’inquiète-t-elle.
Le 3e arrondissement est le seul à avoir suspendu le service de l’état civil, hier, pendant la grève des agents de la CUA, qui ont manifesté à l’Hôtel de Ville, à Analakely. « L’ensemble des services a fonctionné normalement dans le 5e arrondissement. À l’issue d’une réunion, ce matin, les employés ont décidé de travailler, à l’exception de deux d’entre eux qui ont rejoint le mouvement social. Cette décision a été prise en toute liberté, sans aucune pression », affirme Richard Rakoto, délégué au maire du 5e arrondissement.
À Analakely, la manifestation de revendication a rassemblé peu de participants. « Les salariés avaient peur. On les a menacés d’enregistrer le nom de tous les participants, ce qui en a découragé plus d’un », affirme Jean François Raharijaona, président du Syndicat des employés de la CUA (SMKAR).
Face à cette faible mobilisation et à ces « menaces», ce syndicat a décidé de suspendre la grève. « Nous allons attendre l’assemblée générale avec le président de la délégation spéciale (PDS), que le conseiller technique a annoncée », poursuit Jean François Raharijaona. Il précise que la revendication concernant l’indemnité de logement est maintenue. « Nous insistons sur le paiement de cette indemnité de logement, à compter du mois de juillet », ajoute-t-il.
Les syndicalistes de la CUA ne partagent toutefois pas cette analyse. « C’est l’État qui devrait payer cette indemnité de logement, et non la CUA », estime Nirintsoa Jaona Clément, président du Syndicat autonome de la CUA.
Miangaly Ralitera
