TRAITE DES PERSONNES - Madagascar rattrapé par les escroqueries en ligne

Melanie Higgins, Chargée d’affaires par intérim de l’ambassade des États-Unis  parle des réalités de la lutte contre les traites de personnes.

« Piégés par les escroqueries en ligne ». Tel est le thème retenu cette année pour la Journée mondiale de lutte contre la traite des personnes, célébrée hier à l’hôtel Panorama à Antananarivo. Organisée par le Bureau national de lutte contre la traite des êtres humains (BNLTEH), la cérémonie a mis en lumière une nouvelle forme d’exploitation qui gagne du terrain à Madagascar.

« Malheureusement, Madagascar est aussi touché par ce nouveau phénomène», a déclaré Melanie Higgins, Chargée d’affaires par intérim de l’ambassade des États-Unis, tirant la sonnette d’alarme. Elle a notamment évoqué les centres d’appels frauduleux déjà signalés par la presse cette année. Des jeunes recrutés par de fausses offres d’emploi se retrouvent ensuite surveillés, endettés et forcés d’arnaquer en ligne. 

Malgré cette menace émergente, des progrès sont enregistrés dans la lutte contre la traite des personnes. En 2025, Madagascar a retrouvé la « catégorie 2 » du rapport américain sur la traite des personnes, après trois années passées sur la liste de surveillance. « Cela est dû aux efforts du gouvernement en 2024 et 2025 pour appliquer la loi contre les trafiquants et protéger les victimes », a souligné la diplomate. Elle a également salué « la volonté du gouvernement de lutter contre ce fléau » et le travail du BNLTEH. 

Face à cette menace numérique, les États-Unis réaffirment leur soutien à Madagascar, notamment à travers l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), afin de renforcer les capacités des forces de l’ordre. « Face à un danger aussi grave, aucun pays ne peut y faire face seul», a conclu Melanie Higgins.

 Ihariana Sarobidy

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