Cette Coupe du monde 2026 arrivait aux derniers huitièmes de finale sans que j’aie regardé un seul match. Et c’est par hasard, attardé dans un restaurant, que j’ai aperçu un bout du match entre l’Argentine de Lionel Messi et l’Égypte.
Et dire qu’à une époque, le passionné de football dressait soigneusement son propre «tableau final», transcrivait scrupuleusement chaque résultat, actualisait aussitôt le classement dans chaque groupe : se dessinait alors sous ses yeux la configuration des matchs-couperet et il jouait aux pronostics juste pour un plaisir sans spéculations. Qu’il semble lointain ce temps,1986, où je faillis me fracasser le crâne contre un linteau après l’égalisation de l’Allemagne, surmontant deux buts de retard (pour finalement s’incliner face à l’Argentine de Diego Maradona). Et toutes ces «imprécations» (charmant euphémisme) et autres «fracassages» pour des occasions ratées souvent préludes à d’amères défaites et de cruelles éliminations qu’on rumine pendant quatre ans.
Le Mondial argentin en 1978 avait été disposé en quatre groupes de quatre équipes, le nombre des qualifiés avait été porté à 24 au Mondial 1982 et le Mondial 1998 fut la première édition à réunir 32 pays. L’actuel élargissement à 48 du nombre des participants avait suscité des critiques quant à l’intérêt sportif d’équipes comme la Jordanie, l’Ouzbekistan, Curaçao, Haïti, le Congo, la Bosnie-Herégovine, le Qatar, l’Arabie saoudite. Au moins, cette exposition planétaire aura donné une visibilité à l’archipel du Cap-Vert (Cabo Verde, 527.326 habitants de langue portugaise, au large du Sénégal dans l’Océan Atlantique, capitale : Praia sur l’île de Santiago), auteur d’un parcours remarquable avec trois matches sans défaite au premier tour dont un match nul contre l’Espagne, et une élimination après prolongations en 16èmes de finale contre l’Argentine.
Entre la Ligue des Champions de l’UEFA (nouveau format) et la Coupe du monde (élargie), les gladiateurs aux salaires mirobolants et aux primes juteuses sont asservis à toujours plus de matchs. Quand on multiplie le temps de jeu, il est mathématique que les vieux records tombent les uns après les autres. Un «Goat» au ratio nombre de buts par minute serait plus équitable, mais si peu sexy.
Les statistiques, vieille marotte, sont biaisées: en 1958, une époque encore amateure du football, Just Fontaine avait inscrit ses 13 buts en six matchs ; Gerd Müller avait porté le total à 14 buts en deux Coupes du monde ; Miroslav Klose avait eu besoin de quatre phases finales pour arriver à 16 buts. Provisoirement meilleur buteur des tous les temps (21 buts), au sortir des huitièmes de finale de ce Mondial 2026, Lionel Messi disputait là son 31ème match en six tournois.
48 finalistes, trois pays co-organisateurs, un ticket à 17.199 euros pour Espagne-Uruguay et plus de 2 millions de dollars à la revente pour assister à la finale. La FIFA organise très officiellement un «Marché de revente ou d’échange de billets» dont les frais s’élèvent à 15% du prix total, avec la promesse de redistribuer aux petites fédérations nationales «pour le développement du football». Chaque pause, que l’on multipliera à loisirs quitte à saucissonner les matchs et dénaturer ce sport, offre autant de plages publicitaires. Le bon vieux «baolina an-tanimbary» est devenu un énorme business.
Hegel prétendait que la lecture du journal était la prière du matin de l’homme moderne. On voit bien que ce Monsieur parlait doctement à cheval entre le 18ème et le 19ème siècle. Une préhistoire sans Coupe du monde de football, ni tournois du Grand Chelem, ni Grands Prix de Formule 1. Mais, même cette modernité-là également ne m’est plus d’actualité depuis que j’ai viré ma télé et résilié mon abonnement à des bouquets satellitaires devenus tellement insipides et franchement vulgaires en comparaison des premiers temps, voilà seulement un quart de siècle. On risque moins une AVC à checker dès l’aube les résultats de la veille.
Nasolo-Valiavo Andriamihaja
Les temps additionnels se déroulent actuellement avec cette 23e édition de la coupe du monde de la FIFA 2026 et sans accrocs majeurs ! Le reste c'est de l'anachronisme qui cache une " frustration " et une " aigreur " refoulées . Le football n'a pas besoin d'un étalage inopportun d'états d'âmes plus incongrus qu'objectifs . Il serait plus intéressant de s'étaler par exemple sur la saisie de la justice par la commission éthique du CIO sur Gianni INFANTINO président actuel de la FIFA pour violations répétées de la neutralité politique en encensant TRUMP comme le big boss de la compétition . On ne va pas passer sous silence aussi l'enquête du FBI sur des dérives financiers avec des blanchiments par la fédération Argentine de Football .
RépondreSupprimerLes vrais amoureux du football s'efforceront de rester les pieds sur terre en se délectant avec passion le spectacle magnifique montré par les joueurs en compétition actuelle au lieu de rêvasser sur une épopée footballistique appartenant à l'histoire !