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| Une vue à l’entrée du Palais des Sports, l’infrastructure sous la gestion de Tafita. |
Le Tahiry Aina ho an’ny Fanatanjahantena sy Itsinjovana ny Tanora (Tafita) occupe une place centrale dans le financement du sport malgache. Placé sous la tutelle du ministère de la Jeunesse et des Sports, cet établissement public est chargé de mobiliser les ressources destinées au développement du sport et de la jeunesse, tout en administrant plusieurs infrastructures sportives nationales. L’impact réel de son implication reste toutefois invisible.
Ses revenus proviennent principalement de trois sources : une taxe spéciale sur les boissons alcooliques et les tabacs manufacturés, les recettes de location des infrastructures sportives, comme le Palais des sports Mahamasina et les gymnases régionaux, ainsi que les subventions publiques.
Depuis 2023, 70 % du produit de cette taxe sont affectés au Fonds national pour la promotion et le développement de la jeunesse, des sports et des loisirs (FNPDJSL), contre 20 % pour l’Ofnalat et 10 % pour Lovako. En 2017, cette répartition était de 60 %, 30 % et 10 %.
Malgré ces différentes sources de financement, le budget exact de Tafita reste inconnu. Son Directeur administratif et financier (DAF), Marco Rakotoson, refuse d’avancer un chiffre, le qualifiant de « donnée sensible ». Il plaide néanmoins pour une augmentation des ressources de l’établissement afin de renforcer son soutien aux athlètes dans leur quête de performance.
Le maximum
Le DAF reconnaît que les moyens disponibles ne permettent pas de répondre à toutes les sollicitations.
« Le montant alloué à Tafita ne suffit pas à honorer toutes les demandes, mais nous faisons le maximum pour aider les athlètes », affirme Marco Rakotoson.
Un ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, ayant requis l’anonymat, explique : « Les versements mensuels du Trésor public s’élèveraient à entre 300 et 400 millions d’ariary, tandis que les dépenses courantes de Tafita avoisineraient 80 millions d’ariary. À cela s’ajoutent les revenus des locations des infrastructures : entre 8 à 16 millions d’ariary par événement au Palais des sports, de 3 à 8 millions au complexe sportif de Mahajanga, de 15 à 20 millions pour les concerts au Stade Barea, ainsi que les recettes générées par les terrains de basketball (50 000 ariary par jour et par terrain) et certaines compétitions comme le tournoi Smatchin (10 millions d’ariary) ».
Tafita assure également la gestion du Palais des sports Mahamasina, du Gymnase Ankoay Ankorondrano et de plusieurs infrastructures sportives régionales, mises gratuitement à la disposition des fédérations selon les disponibilités. L’établissement prend aussi en charge certaines dépenses des délégations, notamment le remboursement des arriérés de billets d’avion des athlètes.
Pour plusieurs responsables sportifs, l’organisme remplit davantage un rôle de gestionnaire des ressources et des équipements qu’un véritable fonds d’investissement capable de soutenir durablement la formation, les compétitions nationales ou la préparation du haut niveau. Dans un contexte où de nombreuses fédérations dépendent encore des sponsors privés et des contributions personnelles de leurs dirigeants, une plus grande transparence sur les budgets, les bénéficiaires et les critères d’attribution des aides permettrait d’évaluer plus précisément l’impact réel de Tafita sur le développement du sport malgache.
Donné Raherinjatovo
