SÉCURITÉ PUBLIQUE - Les fokontany traquent les personnes suspectes

Une mobilisation s’organise au sein des fokontany pour améliorer la sécurité publique. Les comités locaux et les forces de l’ordre coordonnent leurs actions pour traquer les malfaiteurs.

Des éléments de force de l’ordre font la patrouille dans les quartiers.

Les fokontany d’Antananarivo se voient confier une nouvelle mission. Depuis cette semaine, les responsables de quartiers sont appelés à surveiller leur environnement et à signaler aux autorités tout individu ou comportement jugé suspect. « Nous avons reçu pour instruction de surveiller notre zone et de signaler immédiatement tout comportement ou profil suspect aux autorités supérieures », a raconté, hier, le président du fokontany d’Ampangabe, Jean Maxime Razafimahatratra, dans le 4e arrondissement de la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA).

Les autorités de district et les responsables de la sécurité ont réuni les chefs de fokontany, lundi, afin de leur transmettre ces nouvelles directives. Elles misent sur ce nouveau dispositif pour renforcer la sécurité. Plusieurs formes d’insécurité gagnent actuellement du terrain dans la ville d’Antananarivo. Cela va de simples larcins aux actes plus graves, comme les meurtres ou les disparitions d’enfants, qui tiennent la population en haleine.

Les chiffres de l’année en cours révèlent que la région Analamanga est la plus durement touchée par le phénomène, avec quatre-vingt-dix cas d’enfants disparus enregistrés depuis le début de l’année, selon le ministère de la Sécurité publique. Quarante-trois ont été retrouvés, tandis que quarante-sept dossiers restent sans retour d’information. D’autres signalements de disparitions ont été enregistrés ces derniers jours.

Coordination

Les responsables de fokontany notent que cette nouvelle mission ne sera pas facile. Ils comptent se concentrer prioritairement sur le contrôle des visiteurs non résidents. « Les nouveaux venus doivent obligatoirement présenter un certificat de changement de domicile ou, à défaut, une lettre délivrée par leur fokontany d’origine attestant de leur provenance. Ceux qui n’en possèdent pas, nous allons les prendre en photo », explique le président du fokontany d’Andavamamba Anatihazo I.

Face à la recrudescence des disparitions inquiétantes, une coordination entre plusieurs institutions a été mise en place. Des centaines de membres des forces de l’ordre sont déployés à travers Antananarivo pour assurer des patrouilles et des opérations de surveillance dans tous les secteurs afin de prévenir toute nouvelle disparition.

Parmi les effectifs figurent des membres de l’Armée, de la Gendarmerie et de la Police nationale. Le ministère de la Sécurité publique annonce également le renforcement des effectifs policiers sur le terrain afin d’intensifier les patrouilles de routine au cœur des couloirs, des ruelles et des dédales des quartiers populaires. La Justice, la Police nationale, la Gendarmerie et le ministère de la Population unissent leurs forces. Ce partenariat stratégique est centré sur la collecte et le partage de renseignements, tout en poursuivant activement les enquêtes sur les affaires en cours.

Des campagnes de sensibilisation de grande envergure sont menées conjointement par les services du ministère de la Population et la Brigade des Mœurs et de la Protection des Mineurs (BPM) de la Police nationale afin de mobiliser l’opinion publique. La population est loin d’être rassurée, pour l’heure. Elle demande aux autorités de déployer des dispositifs plus rigoureux pour garantir sa sécurité et celle de ses enfants.

Miangaly Ralitera

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