SÉCURITÉ - Des forces mixtes sillonnent la ville

Les Forces de l’ordre multiplient les patrouilles mixtes à Antananarivo. Cette mesure est prise face à la psychose provoquée par la disparition d’enfants.

Des forces de l’ordre en pleine patrouille à Antananarivo.

Des forces mixtes ont patrouillé à pied dans les quartiers des 67 Ha, hier après-midi. Composés de policiers, de gendarmes et de militaires, les éléments s’imposaient dans les rues de la ville en progressant en file indienne. « Nous misons sur une forte visibilité. C’est pour montrer que les Forces de défense sont là pour la population », avait indiqué le chef de file lors du rassemblement.

Ces éléments sillonnaient les principales rues des 67 Ha. Puis, ils ont rejoint le centre d’examen du BEPC des 67 Ha. « La population sera sensibilisée à alerter les Forces de l’ordre en cas de comportement ou d’événement suspect », a-t-il ajouté.

Dans la rue, la foule est impressionnée par l’ampleur du déploiement. « Nous n’avions pas vu une telle mobilisation depuis la période du confinement », confie Étienne Ramilison, commerçant à Ankasina, aux 67 Ha, après le passage des Forces de l’ordre.

Malgré cette démonstration de force, l’inquiétude demeure au sein de la population, marquée par les disparitions suspectes d’enfants, notamment en cette période de vacances où les parents travaillent tandis que les enfants restent à la maison. Beaucoup ont ainsi choisi de prendre des mesures exceptionnelles. « Nous avons décidé d’emmener nos enfants sur notre lieu de travail, car il n’y a personne pour les garder à la maison», confie Eliane, commerçante à Antohomadinika Sud, profondément troublée par la découverte du corps d’un jeune homme dans son quartier, plus tôt dans la journée.

En civil 

D’autres parents ont choisi de limiter les déplacements de leurs enfants. Alors qu’ils laissaient auparavant ces derniers s’amuser en toute liberté, cet événement a tout changé. « Désormais, ils n’ont plus le droit de s’éloigner du domicile. Leur unique terrain de jeu se limite à l’espace situé juste devant notre commerce », lance Herison, commerçant à Ankasina et père de quatre enfants.

Les parents réclament un renforcement des dispositifs de sécurité. « Dommage que ces éléments des Forces de l’ordre ne fassent que passer. Ils devraient rester dans tous les quartiers pour nous rassurer davantage », lance Tantely Randriamarosoa, vendeuse. Herison, le commerçant à Ankasina, estime que si les Forces de l’ordre veulent réellement mettre fin à ces disparitions, elles devraient agir en civil. « Les patrouilles en uniforme manquent d’efficacité. En les voyant passer, les malfaiteurs se cachent, puis, dès qu’elles repartent, ils reprennent leurs activités », avance-t-il. Les patrouilles mixtes devraient se poursuivre dans les prochains jours.

Cent soixante-douze enfants disparaissent en six mois

Selon un rapport de la Police nationale, cent soixante-douze enfants ont été signalés disparus à Madagascar au cours des six premiers mois de cette année. Parmi eux, cent soixante-quatre relèvent de cas de disparition, tandis que huit enfants ont malheureusement perdu la vie. Cent dix-neuf de ces cas ont été enregistrés dans la région Analamanga et quarante-cinq dans les vingt-trois autres régions de l’île. À ce jour, quatre-vingt-un enfants disparus ont déjà été retrouvés, dont soixante-trois à Analamanga et dix-huit dans les autres régions. En revanche, quatre-vingt-trois enfants manquent encore à l’appel. Ce nombre inclut ceux qui sont déjà retournés chez eux sans que les autorités en aient été informées. 

 Miangaly Ralitera

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