À Toamasina, le projet de Port Sec III tente de naviguer entre impératifs logistiques et tensions sociales. La Société du Port à gestion autonome de Toamasina tente de rassurer.
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| La SPAT a commencé à libérer le Port Sec III de Tsarakofafa lundi dernier. |
L’extension de la Plateforme multimodale logistique et portuaire de Toamasina (PMLPT) entre dans une phase critique. Alors que les opérations de libération du site du Port Sec III à Tsarakofafa ont débuté la semaine dernière, la Société du Port à gestion autonome de Toamasina (SPAT) tente de concilier l’urgence du développement des infrastructures avec la gestion de l’impact humain.
Le directeur général du Port de Toamasina, Anicet Heritiana Randriambahoaka, a tenté de rassurer les familles touchées par les démolitions de maisons à Tsarakofafa, le site sur lequel sera installé le futur Port Sec III de Toamasina. Samedi, il a déclaré :
« Nous avons débuté le projet la semaine passée. De nombreuses familles étaient pourtant restées sur le site. Nous avons dû prendre les mesures qui s’imposaient pour les relocaliser. Un site de repli a été mis à leur disposition depuis hier [vendredi, NDLR]. Cela est fait pour accompagner les familles touchées et pour les prendre en charge dans les plus brefs délais. » Des vivres ont également été distribués aux familles pour les accompagner durant cette période transitoire, indiquent les responsables.
Appel
Sur les réseaux sociaux, les familles désemparées ont lancé un appel aux autorités responsables. Elles affirment être installées sur le site de Tsarakofafa depuis plusieurs décennies. Les images de familles dormant dehors ont circulé sur les réseaux sociaux, alors que les premiers travaux d’aménagement du projet de Port Sec III ont débuté lundi.
Dans un communiqué, la SPAT indique être « consciente des difficultés humaines et matérielles occasionnées par ces opérations » et réaffirme avoir pris des mesures pour accompagner les familles affectées par le projet. « Des équipes de la SPAT chargées du recensement et de l’accompagnement ont été déployées sur le terrain afin d’évaluer les situations individuelles, d’identifier les besoins immédiats et de mettre en place les mesures d’assistance nécessaires », indique la société portuaire.
Selon le communiqué de la SPAT, « un hébergement temporaire à l’hôtel est assuré pour les familles dont la situation nécessite une mise à l’abri immédiate. Le recensement se poursuit afin d’examiner chaque situation et de déterminer les mesures d’accompagnement adaptées». La société indique également prendre acte des témoignages de certaines familles estimant ne pas avoir été suffisamment informées en amont des opérations. « Ces situations font actuellement l’objet d’un examen sur le terrain », précise-t-elle. Des discussions se tiennent depuis avril 2024, selon les responsables du projet.
Des réunions stratégiques, des descentes sur le terrain auprès des populations concernées ainsi que des séances d’information et de sensibilisation sur le projet et le processus de relocalisation ont été menées. Le projet de Port Sec III vise à mieux organiser le stationnement et la circulation des poids lourds liés aux activités portuaires. Il prévoit des infrastructures destinées à l’accueil des transporteurs et à la gestion des flux logistiques. Les familles affectées seront relocalisées sur le site du Port Sec II, le site de Tsarakofafa étant destiné à accueillir ces nouvelles infrastructures.
Itamara Otton
