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| Des familles vivant dans des habitations en sachet à Ambohijatovo Ambony. |
Des familles dépendent de la récupération d’objets dans les bacs à ordures pour survivre. Une activité qui rythme les journées et les nuits d’une vingtaine de foyers vivant à Ambohijatovo.
« Nous partons parfois à 7 heures du matin et nous ne rentrons qu’à 20 heures. C’est seulement à ce moment-là que nous préparons le repas. Puis, vers 3 heures du matin, nous repartons à Ampefiloha pour vendre ce que nous avons récupéré », explique Claude Rakotoarialala, un résident du quartier.
Les revenus restent très modestes. « Les objets que nous parvenons à vendre nous rapportent environ 8 000 ariary par semaine », confie Justin, un père de famille qui vit avec son petit-fils. Une vingtaine de familles occupent actuellement ce site dans des conditions précaires. « Notre principal souhait est que chacun puisse disposer de sa propre maison, au lieu de vivre entassé dans des abris fragiles. Aucun des enfants présents ici ne va à l’école », déplore-t-il.
Depuis deux ans, Justin vit avec son petit-fils dans un abri fait de sachets. Il affirme pourtant disposer d’un terrain familial à Ambohimandry, au sud d’Imerintsiatosika.
Plus digne
Celui-ci étant partagé entre de nombreux héritiers, tout projet de construction reste toutefois impossible. « Nous aimerions avoir une maison comme tout le monde», confie-t-il.
Le quotidien dans ce quartier n’a pas toujours été aussi paisible. « Avant, il y avait beaucoup de voleurs ici. La vie était difficile, car il arrivait même que nous nous volions entre nous », témoigne Claude Rakotoarialala, père de famille. Aujourd’hui, le paysage a changé. Les broussailles et les tas de détritus ont été enlevés, tandis que des agents de la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) viennent régulièrement nettoyer les lieux.
« Jusqu’à présent, personne ne nous a demandé de partir», précise Justin.
Face au froid et aux intempéries, les habitants tentent de s’adapter avec les moyens dont ils disposent. « Nous essayons de nous couvrir du mieux possible. Lorsqu’il pleut, nous récupérons des sachets dans les bacs à ordures pour renforcer les murs et les toits de nos abris. Nous creusons également de petits canaux autour des habitations afin d’empêcher l’eau de s’y infiltrer», raconte Miarisoa, mère de famille. Mais lorsque les pluies sont trop abondantes, ces protections ne suffisent plus. « Quand les conditions deviennent vraiment difficiles, nous dormons dans les tunnels », ajoute-t-elle.
Malgré la précarité, ces familles ne demandent pas seulement une aide alimentaire. Leur priorité est ailleurs : vivre dans un environnement plus digne.
Mialisoa Ida
