Les rassemblements sportifs de la diaspora malgache à l’étranger offrent un potentiel encore peu exploité. Madagascar doit intégrer cette richesse pour se développer sportivement.
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| Des joueurs de basketball durant la Rencontre nationale sportive de 2026 en France. |
La Rencontre nationale sportive (RNS), organisée chaque année en France, rassemble plusieurs milliers de Malgaches autour de compétitions de basketball, football, rugby, volleyball, tennis, tennis de table, natation et de nombreuses autres disciplines. Des rendez-vous similaires existent également au Canada et en Allemagne, où des sportifs issus de la diaspora, souvent formés dans des structures européennes ou Nord-américaines, entretiennent leur passion pour le sport tout en restant attachés à leur pays d’origine.
Ces manifestations constituent une véritable vitrine du potentiel sportif malgache à l’étranger. Pour les fédérations nationales, elles pourraient devenir des plateformes de détection privilégiées, alors que plusieurs disciplines peinent à élargir leur base de sélection.
Les résultats parlent d’eux-mêmes. En basketball, plusieurs joueurs évoluant aux États-Unis, en France, à Mayotte, à La Réunion ont donné une nouvelle dimension aux Ankoay. En tennis, Elisoa Andriantefihasina, issue du championnat universitaire américain, fait désormais partie de l’équipe nationale, aux côtés d’autres joueuses de la diaspora comme les fratries Ranaivo, Mahefa Rakotomalala, Fenosoa Rasendra ou Iriela Rajaobelina, entre autres.
En athlétisme, des internationaux licenciés en France portent régulièrement les couleurs malgaches. Lors des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026, Mialitiana Clerc et Mathieu Gravier ont également démontré que la diaspora pouvait représenter Madagascar au plus haut niveau dans une discipline impossible à pratiquer à Madagascar.
Formule gagnante
La question n’est donc plus de savoir s’il faut faire appel aux sportifs de la diaspora, mais comment mieux les intégrer. Les fédérations auraient intérêt à dépêcher régulièrement des directeurs techniques et des sélectionneurs aux grands rassemblements de la diaspora afin d’identifier les joueurs susceptibles de renforcer les équipes nationales.
« Madagascar ne peut pas se passer de sa diaspora. L’État et les fédérations doivent travailler ensemble pour associer les joueurs formés au pays à ceux évoluant à l’étranger. Cette complémentarité peut devenir une formule gagnante », estime, sous couvert d’anonymat, une organisatrice de rencontres sportives de la diaspora malgache en Amérique du Nord.
Avec la diaspora, l’objectif n’est pas d’écarter les sportifs issus des clubs locaux, mais de tirer profit de toutes les compétences disponibles. Le Maroc, l’Algérie, le Sénégal ou encore la Côte d’Ivoire et plusieurs pays africains ont bâti des sélections compétitives en associant les meilleurs talents, qu’ils soient formés dans leur pays ou à l’étranger.
Dans un contexte marqué par des infrastructures encore limitées et des moyens financiers restreints, Madagascar ne peut se permettre de laisser ce vivier inexploité. Les athlètes de la diaspora arrivent avec une solide expérience, une culture du professionnalisme et des exigences du haut niveau qui peuvent bénéficier à l’ensemble des sélections nationales.
Donné Raherinjatovo
