Les disparitions d’enfants et d’adultes s’enchaînent dans la capitale. En une semaine, trois mineurs et un père de famille ont été retrouvés assassinés.
![]() |
| Les forces de l’ordre à pied d’œuvre pour faire face à la vague d’enlèvements que connaît la capitale. |
Rien qu’hier, treize personnes ont été signalées disparues dans la capitale, dont cinq adultes et huit mineurs. Le bilan communiqué par la police le dimanche 5 juillet, qui faisait état de quatre-vingt-dix disparitions d’enfants depuis janvier, est déjà dépassé.
Quarante-trois avaient été retrouvés. Des enquêtes ont été ouvertes, mais quarante-sept restent introuvables. Les familles n’ont donné aucun retour et les recherches n’ont rien donné. Depuis, les chiffres se sont aggravés et la situation devient alarmante.
Le phénomène prend une tournure dramatique avec des disparitions suivies de meurtres. En une semaine, quatre personnes portées disparues ont été retrouvées mortes : Sahala Fanekena, une fillette de 12 ans, découverte à Amberokely le 30 juin ; Joel, père de famille de 35 ans, le 1er juillet ; Fetra, un adolescent de 17 ans, le 5 juillet ; et un étudiant de l’Institut supérieur de technologie d’Antananarivo, Johary Mitantsoa Ravelomanantsoa, 19 ans, retrouvé hier, le 7 juillet, dans une carrière à Ambatomaro.
Dans l’angoisse
Le gouvernement qualifie ces drames d’actes de déstabilisation politique. Mais pour les familles touchées, il s’agit avant tout d’une tragédie humaine.
Les parents vivent dans l’angoisse. Un père de famille, fonctionnaire, confie : « Chaque jour, je me demande si mes enfants rentreront à la maison. Nous avons besoin que les forces de l’ordre soient plus présentes dans les quartiers. »
Eveline Rasoarimanana, commerçante, témoigne : « Je ne dors plus. Les disparitions se multiplient et nous n’avons aucune garantie de sécurité. Nous attendons des autorités qu’elles prennent des mesures concrètes. »
Célestin Randriamboavonjy, cultivateur, lance un appel : « Les parents doivent être vigilants. Nous devons accompagner nos enfants partout, car le danger est réel. » Pour Claudine T., employée municipale : « Nous voulons des réponses. Nous voulons savoir qui est derrière ces disparitions. Les familles ne peuvent pas rester seules face à ce drame. »
Dans les quartiers, la peur s’installe. Les disparitions se succèdent, des corps sont retrouvés mutilés et les appels à la vigilance se multiplient. L’attente reste toutefois la même : obtenir des réponses des forces de l’ordre et voir l’État prendre des mesures concrètes pour mettre fin à cette vague de disparitions.
Gustave Mparany
