Le Mondial tourne au cauchemar aux prétendues traditionnelles grandes nations du football. Plusieurs pays plusieurs fois titrés et régulièrement présents n’ont pas réussi à se qualifier à l’image de l’Italie, de la Pologne, de la Roumanie, de la Bulgarie, de la Serbie, de l’Ukraine….D’autres encore, seigneurs du ballon rond, dieux du stade, se sont fait humilier à l’instar de l’Allemagne expédiée par le Paraguay, les Pays-Bas écartés par le Maroc, l’Uruguay éliminé dès le premier tour tout comme la Turquie. Des performances qui semblent donner raison au président de la FIFA, Gianni Infantino, initiateur du Mondial à 48 équipes.
Beaucoup était sceptique quant au niveau du jeu avec des canassons comme le Cap-Vert, le Haïti, le Curaçao, mais les résultats ont démenti les appréhensions. Même le Haïti, pays sans président, sans gouvernement n’a pas que figuré, 52 ans après sa première participation où il a reçu des cartons de buts.
Même le Brésil a eu toutes les peines du monde pour se débarrasser du Japon alors que l’Espagne n’a pas été souveraine face au Cap-Vert, petite île d’Afrique où le nombre d’habitants ne vaut pas le quart du nombre de licenciés dans une grande ville espagnole.
En football, l’écart s’est nettement resserré entre les habituels grands pays et les pays émergents.
Mais c’est plutôt la dégringolade de grandes nations comme l’Allemagne et les Pays-Bas qui surprennent. La Mannschaft est aujourd’hui composée en majorité d’anonymes exceptés quelques noms plus ou moins connus comme le capitaine Kimmich, le gardien Neuer, les attaquants Wirtz et Havertz. Jadis on connaissait tous les noms des joueurs, leurs mensurations, leur date de naissance, leurs clubs, leur nombre de buts marqués. L’Allemagne est aujourd’hui pénible à voir depuis quelques années tout comme les Pays-Bas composés juste de bons joueurs qui n’ont rien d’exceptionnel.
Quant au Brésil, son jeu s’est européanisé et a perdu son identité et ses identités remarquables de génération en génération. Après Pelé, Vava, Didi, Garrincha, Djalma Santos… de 1958 à 1970. Puis il y a eu les Tostao, Gerson, Rivelino, Clodoaldo, Tostao, Jarizinho, Carlos Alberto. Après un passage à vide en 1974 et 1978, le Brésil est redevenu lui-même en 1982 avec la génération Zico, Eder, Socrates, Falcao, Junior… C’était l’une des meilleures formations du Brésil avec celle de 1986, avec l’arrivée de Careca. Il a fallu attendre l’année 1994 pour revoir un Brésil flamboyant et magique avec le duo Romario- Bebeto. Ensuite le Brésil a repris sa couronne en 2002 avec une équipe truffée de talents menée par le phénoménal Ronaldo, flanqué de Ronaldinho, Fabiano, Rivaldo, Cafu, Dunga, Carlos Roberto, Kaka, Robinho…
Aujourd’hui, le Brésil gagne sans brio et sans convaincre même avec Neymar. C’est juste une bonne équipe dont la qualification pour le tour suivant laisse perplexe.
Les Pays-Bas se trouvent dans la même impasse jouant sans enthousiaste, sans talent et sans assurance. Les Oranje sont à la recherche de leur glorieux passé.
Tout compte fait, la FIFA a bien fait de ne pas diffuser tous les matchs. Jusqu’ici, il n’y a pas eu de spectacle exceptionnel. Juste des matchs acharnés où le favori fait tourner le ballon alors que le toquard ferme le jeu en se massant dans les buts. Résultat, la plupart des matches sont insipides. Seules les équipes de France et d’Argentine offrent un spectacle qui vaut la peine d’être regardé. Le reste ressemble à un navet comme on dit.
Sylvain Ranjalahy