COUVERTURE DES RISQUES - Les sportifs dépendent de leur assurance

Une blessure peut bouleverser la carrière et la vie d’un sportif. À Madagascar, les garanties d’assurance, les responsabilités des fédérations et des clubs restent encore méconnues du grand public.

Tahiana Laurent Joël Raharisamimanana, dit Mongo, blessé en décembre 2025.

Le sport comporte une part de risque que personne ne peut totalement éliminer. Si la plupart des blessures sont bénignes, certaines changent une vie en un instant. Le cas du rugbyman de l’US Ankadifotsy, Tahiana Laurent Joël Raharisamimanana, dit Mongo, victime d’une grave lésion de la colonne vertébrale lors d’un match le 7 décembre 2025, a relancé le débat sur la protection des sportifs face aux accidents majeurs.

Hormis l’émotion suscitée par le drame, une question demeure : qui prend réellement en charge un athlète lorsqu’une blessure entraîne une invalidité permanente, voire un décès ? Dans la pratique, plusieurs acteurs se partagent les responsabilités. L’organisateur de la compétition et la fédération doivent garantir la sécurité des participants grâce à des infrastructures conformes, un dispositif médical, une ambulance, des secouristes et au respect des règlements. Ces mesures relèvent de la prévention, mais elles ne couvrent pas les conséquences financières d’un accident grave.

C’est là qu’intervient l’assurance. Les fédérations, les clubs ou les organisateurs souscrivent généralement une assurance responsabilité civile destinée à indemniser les dommages lorsque leur responsabilité est engagée. Certaines licences sportives incluent aussi une garantie individuelle accident permettant au sportif d’être indemnisé même en l’absence de faute d’un tiers. Toutefois, le niveau de protection dépend du contrat souscrit. Les plafonds d’indemnisation, les exclusions et les prestations varient fortement selon les disciplines.

Contrats d’assurance à exiger

L’affaire de Tahiana Laurent Joël Raharisamimanana rappelle qu’au-delà de la performance, la protection sociale des sportifs constitue un véritable enjeu. Avec le développement du rugby et d’autres disciplines de contact à Madagascar, de nombreux observateurs réclament des contrats plus transparents, des garanties renforcées et une meilleure information des acteurs.

Une responsable chez ARO Assurances, qui veut rester anonyme, explique: « Chaque association sportive devrait avoir une assurance de responsabilité civile : elle prend en charge les frais si un accident, corporel ou matériel, arrive pendant une activité du club. Ce contrat protège les membres et les personnes extérieures en cas de blessure ou de dommage, et peut aussi rembourser les frais médicaux (hospitalisation, pharmacie) ou verser une indemnité en cas d’invalidité. »

Elle rappelle par ailleurs qu’une assurance santé personnelle reste une option utile à ajouter, sans se substituer à la garantie accident de compétition. À Madagascar, ARO prend en charge le transport sanitaire local grâce à un réseau de partenaires reconnus, permettant d’orienter rapidement un blessé vers un établissement adapté. Pour les cas les plus graves, l’Evasan internationale (265 000 ariary/an), extension de l’assurance santé, couvre l’évacuation vers l’étranger, avec assistance et traducteur si besoin. ARO propose aussi une identification par QR code chez ses partenaires santé, et un numéro vert gratuit, le 676, accessible 24 h/24 et 7 j/7, une offre inédite à Madagascar de la part du leader du marché.

Concernant le cas du joueur de l’US Ankadifotsy, le président de Malagasy Rugby, Marcel Rakotomalala, précise que la fédération a déjà assumé sa part de responsabilité. « Malagasy Rugby a pris en charge, avec son club, les frais de l’opération après l’accident survenu le 7 décembre 2025 », indique-t-il.

Donné Raherinjatovo

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne