La situation politique à Madagascar reste sous étroite surveillance régionale. Elle a fait partie des sujets discutés durant la réunion du Comité ministériel de l’Organe chargé de la coopération en matière de politique, défense et sécurité de la SADC, au Malawi.
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| Photo de famille des ministres des pays membres de la SADC qui prennent part à la réunion du Comité ministériel, à Salima, Malawi. |
Une attention particulière. C’est ce que la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) accorde à l’évolution de la conjoncture politique à Madagascar. Une vigilance qu’Elias Magosi, secrétaire exécutif de l’organisation régionale, a affirmé, hier, dans son discours d’ouverture de la 28e réunion du Comité ministériel de l’Organe chargé de la coopération en matière de politique, défense et sécurité de la SADC, à Salima, Malawi.
«Alors que Madagascar poursuit son cheminement vers la réforme et le renouveau, nous devons demeurer fermes dans notre soutien. (...) La région doit donc suivre avec une attention particulière les progrès accomplis par le pays dans son cheminement vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel», déclare le secrétaire exécutif de la SADC. La préservation de la paix, la sécurité et la prospérité dans la région Afrique australe est le fil d’ariane des deux jours de discussions à Salima, hier et aujourd’hui.
Aussi, à l’instar d’autres pays de la région Afrique australe qui traversent des zones de turbulence politique ou sécuritaire, le dossier Madagascar est-il à l’ordre du jour à Salima. Comme il est expliqué sur le site web de l’organisation, «l’Organe de politique, défense et sécurité a pour mandat de jeter les fondements de la paix et de la stabilité dans la région de la SADC (...)».
Dans son allocution, Elias Magosi a mis en avant le fait que la région SADC «demeure l’une des régions les plus pacifiques et les plus résilientes de notre continent». Il ajoute cependant que «la paix, la sécurité et la prospérité ne peuvent jamais être considérées comme acquises. Elles exigent une vigilance constante, une coopération soutenue et une solidarité régionale renforcée». À cet effet, il a rappelé le déploiement d’une mission d’établissement des faits dans la Grande île, suite au tournant politique ayant amené le pouvoir de la Refondation.
Cette initiative traduit l’engagement collectif des pays membres de la SADC «à préserver la paix, à promouvoir la gouvernance démocratique et à sauvegarder la stabilité constitutionnelle au sein de notre Communauté», affirme Elias Magosi. Un passage de son discours sur le dossier Madagascar sonne, toutefois, comme une recommandation.
Réplique
«Une paix durable ne peut s’enraciner que lorsque celle-ci repose sur l’inclusion, la responsabilité, le respect des droits de l’homme et une participation véritable de tous les citoyens. Sans ces fondements, la stabilité demeure vulnérable aux tensions futures», soutient ainsi le secrétaire exécutif de l’organisation régionale. Des mots qui font écho aux termes du communiqué du Sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la SADC au sujet de Madagascar, le 29 juin.
Cette missive rapporte notamment que «le Sommet a exhorté le gouvernement malgache (...) à respecter son engagement en faveur de réformes claires, assorties d’un calendrier précis, transparentes, ouvertes à toutes les parties prenantes malgaches». Elle ajoute que «le Sommet a rappelé la nécessité de mener un dialogue inclusif, de favoriser la réconciliation et d’organiser des consultations nationales pendant la période de transition (...)».
Ce communiqué du Sommet extraordinaire du 29 juin a engendré une levée de boucliers de la part des tenants du pouvoir. Le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, notamment, a mis l’accent sur ce que l’État entend par inclusivité dans le processus de concertation nationale. «Notre position sur ce sujet est claire. Il s’agit de la participation de tous, dont ceux qui sont dans l’opposition», a-t-il donc répliqué.
Le locataire d’Iavoloha souligne, néanmoins, que «la concertation nationale est réservée aux Malgaches et non pas pour les étrangers, pas pour les non-Malgaches. Je pense que ce que je veux dire est clair. Ce sont les Malgaches qui prendront part à la concertation nationale et non pas les personnes qu’on estime ne plus être malgaches». Bien qu’il ne l’ait pas dit directement, le colonel Randrianirina a fait référence à Andry Rajoelina, ancien président de la République, que le pouvoir actuel a déchu de sa nationalité malgache.
Alice N’Diaye, ministre des Affaires étrangères, conduit la délégation malgache qui prend part à la réunion de Salima. Dans un communiqué publié hier, le département ministériel avance aussi ce qui sonne comme une réplique au sujet de cette question d’inclusivité.
Selon la missive ministérielle, la ministre N’Diaye «a mis l’accent sur le leadership des Malgaches, sur une inclusivité traduite par la participation de toutes les composantes de la société malgache aux concertations nationales et sur l’appropriation nationale, comme conditions de la réussite du processus dont les objectifs sont, à terme, de mettre en place un cadre de gouvernance démocratique et institutionnelle efficace et responsable afin de prévenir la résurgence des crises cycliques à Madagascar».
Garry Fabrice Ranaivoson

On est loin d'être sorti de l'auberge ... Mais bon, le flottement risque de durer longtemps! Patience au peuple !!!
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