Le colonel Randrianirina a présenté ses excuses à la population pour les coups de feu tirés par la sécurité présidentielle, à hauteur d’Ivandry, vendredi. Selon lui, la situation sécuritaire qui prévaut actuellement serait provoquée afin de créer un climat de psychose.
![]() |
| Le colonel Randrianirina durant son discours au CAPSAT, Soanierana, samedi. |
Une machination. C’est ce que soupçonne le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, quant à la situation sécuritaire qui prévaut actuellement, à s’en tenir au discours qu’il a prononcé samedi au camp du Corps d’administration du personnel des services administratifs et techniques (CAPSAT), à Soanierana. Selon lui, le but de la manœuvre serait de créer un sentiment de psychose dans le pays.
L’élément déclencheur de cette sortie au vitriol s’est joué dans le ciel de la capitale, à hauteur d’Ivandry, vendredi soir. Le convoi présidentiel aurait été délibérément pisté par un drone suspect durant deux nuits consécutives. « Cela s’est déjà produit jeudi soir, et nous nous sommes contentés d’observer dans un premier temps. Mais comme cela s’est de nouveau reproduit hier soir, il a fallu leur montrer que nous sommes prêts à riposter et que nous ne sommes pas de simples figurants », soutient l’officier supérieur.
Pour le coup, le locataire d’Iavoloha a présenté ses excuses à la population pour le vent de panique que les coups de feu de vendredi ont entraîné. « La raison pour laquelle je demande pardon au peuple malgache est simple : les gens ont paniqué en entendant cela. Les gens ont cru qu’il y avait des émeutes à Antananarivo », déclare-t-il en ajoutant: « non, il n’y a pas d’émeutes à Antananarivo. Nous travaillons correctement. La gendarmerie, l’armée et la police travaillent. Antananarivo est calme. Il n’y a aucune émeute ici. »
À s’en tenir à son discours, pour le Chef de l’État, le sujet n’est plus de l’ordre d’un incident sécuritaire, mais revêt une dimension politique. Faisant le rapprochement avec le rebond d’insécurité de ces derniers temps, le colonel Randrianirina dénonce une manœuvre de déstabilisation. « (...) c’est précisément ce que recherchent ces personnes : installer une psychose à Madagascar afin de pouvoir prétendre à l’international que le pays est à feu et à sang », soutient-il alors.
Par « ces personnes », le Chef de l’État fait visiblement référence à des individus qui se trouvaient à l’étranger. « Tout cela fait partie de leur stratégie pour déstabiliser ce pays qui est pourtant en train de se redresser. Mais ils devraient savoir que Madagascar se porte bien mieux sans eux. Ils feraient mieux de rester là où ils sont», lance-t-il en conclusion de son discours.
« C’est leur méthode »
Une recrudescence de l’insécurité est constatée ces derniers temps, autant en zone urbaine qu’en milieu rural. Attaques à main armée, enlèvements d’adolescentes et de personnes albinos, ou encore découvertes de corps sans vie et mutilés sont des exemples qui défraient les chroniques. « Nous apprenons que la drogue commence également à circuler ici », affirme le locataire d’Iavoloha.
Vraisemblablement, pour le pouvoir, il n’y a pas de coïncidence. « (...) cela a toujours fait partie de leur stratégie de combat. Ce n’est pas inventé, c’est leur méthode pour faire croire que Madagascar est instable », atteste le colonel Randrianirina, qui en appelle aux citoyens pour prêter main forte aux Forces de défense et de sécurité (FDS), afin de débusquer les éventuels responsables de ces faits. Il a justement prononcé son discours devant l’ensemble des chefs militaires.
À la base, l’évènement de samedi au CAPSAT a été une cérémonie pour la remise officielle des nouveaux engins et équipements pour le corps du génie militaire. Le fait que l’officier supérieur ait choisi d’y évoquer ce soupçon de manœuvre de déstabilisation pourrait ne pas être fortuit. C’est du CAPSAT qu’il a mobilisé l’armée pour accompagner sa prise de pouvoir en octobre 2025. Outre son appel à la collaboration de la population, son allocution de samedi sonne aussi comme un nouveau cri de ralliement adressé à ses frères d’armes.
Du côté du gouvernement, c’est le branle-bas de combat. Hier, au lendemain du discours du Chef de l’État donc, l’Organe mixte de conception au niveau national (OMC-NAT) a tenu une conférence de presse au ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, à Anosy. Le mot d’ouverture du rendez-vous, prononcé par Velonjara Tiaray Rakotonandrasana, ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, renchérit les propos du Chef de l’État la veille.
Dans sa prise de parole, l’inspecteur général de police Eric Michel Idrissa, ministre de la Sécurité publique, réaffirme la thèse d’une tentative de déstabilisation derrière les cas d’insécurité, en rapportant quatre cas d’attaque à main armée dans la nuit de samedi. Les douilles des balles retrouvées sur les lieux des méfaits indiqueraient que les bandits qui ont perpétré ces actes utiliseraient la même arme, « avec le même mode opératoire», selon le membre du gouvernement.
La sortie médiatique de l’OMC-NAT a eu pour objectif de dénoncer la situation, de conforter le fait que le relent d’insécurité découle d’une machination à des fins de déstabilisation. Il était également question de rassurer la population sur le fait que l’État est à pied d’œuvre pour « neutraliser ces actions de déstabilisation », et de réitérer l’appel à la coopération de la population.
Garry Fabrice Ranaivoson

Non Monsieur le président de la refondation vous jouez avec le feu en demandant à ces ennemis de la nation qui ont fui lâchement le pays " de rester là où ils sont " . Au contraire il faut les pourchasser partout la justice aidant sinon vous risquez de laisser votre peau ! L'ancien président Français de Madagascar à Dubaï manoeuvre comme une bête sauvage pour créer justement un climat de psychose dans le seul but de déstabiliser le pays . C'est une évidence et il n'y a que les RATS à sa solde qui parlent de cinéma ou de diversion !
RépondreSupprimerLes militaires au pouvoir ont toujours utilisé la diversion pour asseoir davantage leur pouvoir, c'est le cas au Mali, au Burkina, au Niger, en Corée, en Russie, .... et chez nous ça ne fait que commencer !!! Pendant ce temps, le peuple souffre et souffrira encore ... en accusant un complot étranger imaginaire !!! Pas compliqué ... Aller, 10 ans encore !!!
RépondreSupprimer