AKAMASOA - Un homme accusé du meurtre de sa fille

Une enquête a été ouverte par la Brigade criminelle après le décès d’une fillette à Akamasoa. Son père est soupçonné de l’avoir frappée à coups de manche de balai.

Père Pedro intervient au milieu de la foule pour rétablir le calme.

Coups mortels. Un homme de 26 ans a été placé en garde à vue à la Brigade criminelle d’Anosy, soupçonné d’avoir mortellement frappé sa fille de 8 ans, dimanche 26 juillet, à Akamasoa, dans la commune d’Ambohimangakely.

Vers 15 h 10, des enfants l’ont vu frapper violemment la fillette avec le manche d’un balai, au motif qu’elle aurait perdu un billet de 5 000 ariary. La fillette a perdu connaissance et a été transportée au dispensaire, où elle est décédée peu après. L’examen médico-légal réalisé au Centre hospitalier de référence du district (CHRD) d’Ambohimangakely a révélé une fracture de la colonne cervicale ainsi que de graves lésions, selon les premiers éléments de l’enquête.

La victime vivait avec son père. Sa mère est actuellement incarcérée à la maison centrale d’Antanimora dans une autre affaire. Selon l’enquête, l’homme n’était pas un habitant d’Akamasoa et se trouvait en état d’ivresse au moment des faits. Le motif de l’argent perdu ne serait qu’un prétexte. 

Indignation

Les enquêteurs soupçonnent également le père d’avoir commis des violences sur sa fille à plusieurs reprises. Ils cherchent notamment à déterminer si l’enfant s’apprêtait à se confier à sa grand-mère.

Une voisine raconte : « Ce dimanche, j’ai rencontré la fillette alors qu’elle tenait 1 000 ariary à la main. Peu après, elle est rentrée chez elle et s’est mise à pleurer. Je lui ai demandé pourquoi. Elle m’a répondu : “Mon père m’a frappée. Il dit que j’ai perdu 5 000 ariary.” Ensuite, elle a joué avec ma fille aînée.

Dans l’après-midi, son père est arrivé avec un bâton. Il s’est approché des enfants, a saisi sa fille par le col et l’a projetée au sol. Sa nuque s’est brisée et toutes ses dents bougeaient. Je suis allée au dispensaire, où elle m’a regardée un instant avant de fermer les yeux. Plus tard, au CHRD, le chef des gendarmes m’a dit que l’enquête portait notamment sur des soupçons de viol et d’homicide. Selon ses propos, le corps présentait déjà des lésions datant d’environ deux jours. »

Vers 16 h 04, les policiers ont alerté les gendarmes face à la foule en colère qui s’était massée devant le poste de police où le suspect était retenu. Huit policiers tentaient de protéger les locaux. Ils ont été rejoints par des gendarmes venus d’Ambohimangakely et de Soamanandrariny, sous la direction du commandant de brigade. La tension est montée d’un cran, les habitants exprimant leur indignation et leur douleur. Le calme a finalement été rétabli grâce à l’intervention du père Pedro, fondateur de la communauté d’Akamasoa. Après des échanges avec les autorités, les habitants ont accepté de se disperser.

Gustave Mparany

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