TRANSPARENCE - L’arsenal contre les fraudes fiscales se modernise

Alors que les flux financiers illicites continuent de prospérer, l’État se dote de nouveaux outils pour renforcer la transparence des entreprises, améliorer le recouvrement fiscal et lutter contre le blanchiment d’argent.

Le Premier ministre, le DG des impôts (à.g) et le ministre  de l’Industrialisation (à.d), hier au Novotel Alarobia.

Un nouvel instrument de contrôle. La Direction générale des impôts a lancé, hier, au Novotel Alarobia, le Registre central des bénéficiaires effectifs (RCBE), une plateforme destinée à identifier les personnes physiques qui contrôlent réellement les sociétés enregistrées à Madagascar.

Présenté comme un outil clé de la gouvernance économique, le dispositif vise à renforcer la traçabilité des structures juridiques et à limiter le recours aux sociétés écrans. Les bénéficiaires effectifs des entreprises seront désormais recensés dans une base de données accessible à certaines administrations publiques.

Pour le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, cette réforme répond à un double impératif : sécuriser les investissements et lutter contre les circuits financiers opaques.

« L’enjeu est de promouvoir la transparence et de sécuriser les investissements. Certains individus mal intentionnés dissimulent, derrière leurs propriétés effectives, des mécanismes de transfert de fonds illicites ou des situations de monopole dans certaines filières. Nous devons lutter contre cela pour éviter la capture de l’État », a-t-il déclaré.

Le chef du gouvernement a également mis en garde contre l’utilisation de certaines sociétés comme vecteurs de blanchiment de capitaux.

« Parfois, les sociétés servent de moyens de transfert pour des fonds opaques destinés à déstabiliser le pays. Des trafiquants de drogue blanchissent leur argent via des sociétés écrans et s’enrichissent sur le dos des Malgaches. Cela nuit à l’attractivité et à la réputation du pays», a-t-il ajouté.

Lutte contre l’évasion fiscale

Ancien directeur général du Service de renseignements financiers (Samifin), Mamitiana Rajaonarison avait participé aux premières réflexions ayant conduit à la création du registre. Le nouvel outil doit permettre aux autorités de mieux identifier les véritables propriétaires des entreprises et de remonter plus facilement les circuits financiers.

Le directeur général des impôts, Edmond Rafaralahy, y voit une étape importante dans la modernisation de l’administration fiscale.

« La transparence financière n’est plus une option, mais une nécessité absolue pour lutter contre la fraude, l’évasion fiscale et les flux financiers illicites. Le RCBE garantit que les règles du jeu sont les mêmes pour tous. Un environnement économique transparent est attractif pour les investisseurs et les partenaires internationaux », a-t-il affirmé.

Au-delà de la lutte contre les activités illicites, les autorités espèrent également améliorer les performances fiscales du pays. Le ministre des Finances, Herinjatovo Aimé Ramiarison, a rappelé que la pression fiscale malgache demeure inférieure à la moyenne observée en Afrique subsaharienne.

Itamara Otton

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