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| Pour Harilala Ranjatohery, la première étape consiste à étudier les mots déjà existants. |
Recherche, adaptation, expérimentation et validation: la création d’un nouveau mot en malgache passe par un processus rigoureux avant son adoption par la société.
Derrière chaque nouveau mot intégré à la langue malgache se cache un véritable travail de recherche. Contrairement aux idées reçues, la création d’un vocabulaire ne relève pas d’une simple invention. Elle obéit à plusieurs étapes précises destinées à garantir la cohérence et la compréhension du terme par l’ensemble de la population.
Vice-président de la section Arts et Lettres de l’Académie Malagasy, Harilala Ranjatohery explique que la première étape consiste à étudier les mots déjà existants.
« Nous commençons par rechercher les termes qui existent déjà ainsi que ceux qui sont liés à la notion concernée », précise-t-il. Ce travail permet d’éviter les doublons et de s’appuyer sur les ressources déjà présentes dans la langue.
Une fois cette recherche effectuée, plusieurs méthodes peuvent être utilisées pour créer un nouveau mot. La plus connue est la malgachisation des termes étrangers. Cette démarche consiste à adapter un mot à la prononciation et aux habitudes linguistiques malgaches.
Expérimentation
Des mots aujourd’hui courants, comme latabatra, issu de « table », témoignent de cette pratique. Certains termes proviennent également d’emprunts plus anciens à des langues étrangères, notamment l’arabe ou l’indonésien.
La création peut également s’appuyer sur des racines déjà existantes dans la langue malgache. Les spécialistes construisent alors de nouveaux termes à partir d’un mot de base ou de la fonction de l’objet désigné.
« Une langue vivante se développe en grande partie à partir de mots qui existent déjà », souligne Maholy Nirilala Ramarolahy, oratrice, enseignante en kabary et présidente de la branche Analamanga de FI.MPI.MA.
Cependant, la création d’un mot ne s’arrête pas à sa formulation. Une phase d’expérimentation est ensuite nécessaire. Le terme est utilisé et observé afin de déterminer s’il est compris et adopté par la population. « Les chercheurs examinent qui utilise le mot, dans quelle région et dans quelles circonstances », explique Harilala Ranjatohery.
Ce n’est qu’après cette étape que les spécialistes peuvent confirmer son intégration dans l’usage. Les dictionnaires et les travaux académiques viennent alors enregistrer ces pratiques linguistiques déjà présentes dans la société. Maholy Nirilala Ramarolahy rappelle toutefois que tout nouveau terme doit respecter les règles fondamentales de la langue, notamment en matière d’accentuation et de structure des mots. « On ne peut pas s’éloigner des règles liées au tsindrim-peo et au vanin-teny», insiste-t-elle.
Cassie Ramiandrasoa
