SOUVERAINETÉ - L’armée apprend à décoder les nouvelles menaces

Pendant deux jours, l’École d’état-major a consacré une série de conférences aux défis que les menaces hybrides posent aux Forces armées. Un enjeu qui dépasse désormais le seul champ militaire.

Le général Richard Rakotonirina, durant sa présentation, lundi.

Comment faire face à des menaces qui ne prennent plus la forme de conflits conventionnels ? C’est à cette question qu’a tenté de répondre l’École d’état-major de l’armée lors d’une série de conférences organisée lundi et mardi à l’Havoria, à Anosy. Placées sous le thème « Les Forces armées face aux menaces hybrides », ces rencontres visaient à analyser les mutations de l’environnement stratégique et leurs implications pour Madagascar.

Les menaces hybrides désignent des formes d’hostilité combinant des moyens militaires et non militaires, mobilisés de manière coordonnée pour affaiblir un État ou une société sans recourir à une guerre ouverte. Économie, technologie, information, cybersécurité ou encore contrôle des ressources stratégiques constituent désormais autant de leviers d’influence et de confrontation.

Parmi les intervenants figurait le général Richard Rakotonirina, ancien ministre de la Défense nationale et ancien ministre des Affaires étrangères par intérim. Selon lui, « les menaces d’aujourd’hui ne sont plus seulement militaires: elles sont diffuses, économiques et informationnelles».

Une sécurité élargie

L’officier général a défendu une conception élargie de la sécurité nationale. « La sécurité n’est plus l’affaire des seuls militaires. C’est une responsabilité partagée. Face au désordre du monde, la première force d’un État, c’est sa lucidité », a-t-il déclaré.

Ses interventions se sont articulées autour de trois thèmes : l’évolution du contexte géopolitique mondial, les fragmentations géoéconomiques et leurs conséquences sécuritaires, ainsi que les nouvelles formes de conflictualité.

« On ne maîtrise pas la tempête, mais on peut apprendre à naviguer dedans», a-t-il résumé, décrivant un environnement international devenu « volatil, incertain, complexe et ambigu ». Pour lui, les fractures économiques mondiales sont désormais des enjeux de sécurité à part entière.

Dans cette perspective, l’énergie, les ressources stratégiques et les technologies deviennent de nouveaux espaces de confrontation. « La convoitise est une menace hybride », a averti le général Rakotonirina, en référence notamment aux ressources naturelles dont dispose Madagascar.

Selon lui, la vulnérabilité d’un État ne se mesure plus uniquement à l’aune de ses frontières. « Aujourd’hui, on est vulnérable autant par ses dépendances que par ses frontières. Comprendre la sécurité, c’est relier l’économie, la géopolitique et la défense », a-t-il expliqué.

Pour Madagascar, la compréhension de ces nouvelles formes de menaces constitue un enjeu de souveraineté. Située au carrefour de l’océan Indien, la Grande Île se trouve au croisement de dynamiques géopolitiques qui la dépassent mais influencent directement son avenir.

« L’enjeu n’est pas de choisir un camp, mais de bâtir une autonomie stratégique. Il s’agit de transformer notre position géographique en atout plutôt qu’en exposition», a conclu le général Rakotonirina.

Garry Fabrice Ranaivoson

1 Commentaires

  1. Quelle "nouvelle menace"?
    Pas d'exterieur, dans tous les cas: car personne ne s'interesse pas; trop pauvres.
    Et ceux de l'interieur, ils ont du mal a faire marcher leur ordi.
    Mon dieux, sauvez moi des idiots qui se voir comme le plus grand de leur pays, en racontent des betises.

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