La CUA sensibilise les auto-écoles à renforcer la qualité de leurs formations. De son côté, le Syndicat des auto-écoles de Madagascar dénonce la présence d’établissements clandestins.
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| Un véhicule auto-école stationné sur un trottoir. |
Une nouvelle approche de l’apprentissage de la conduite gagne du terrain. Baptisée « conduite accompagnée », cette formule séduit par sa flexibilité et la simplification qu’elle apporte à la formation des candidats préparant l’examen du permis de conduire. Elle propose des offres sur mesure, avec une formation adaptée aux disponibilités et aux besoins de ses clients. La formation est dispensée sur la voie publique à bord d’un véhicule particulier.
Si certains prestataires présentent cette formule comme un perfectionnement réservé aux personnes déjà titulaires du permis, d’autres affirment qu’elle est également accessible aux candidats sans permis.
Le phénomène commence sérieusement à inquiéter les professionnels du secteur. Le Syndicat des écoles de conduite de Madagascar (Secom) dénonce fermement ces pratiques. « Il s’agit d’une usurpation de fonction si elles se présentent en tant qu’auto-écoles. Ces structures de conduite accompagnée n’ont pas la capacité de dispenser une telle formation. Ces enseignes ne peuvent pas présenter des candidats à l’examen », tranche Lalanirina Randriambololona, présidente du syndicat.
Le syndicat alerte sur les risques que font peser ces moniteurs clandestins sur les automobilistes et les piétons. « Ils utilisent des véhicules qui ne disposent même pas de double pédale, mais de simples véhicules particuliers. (…) Cela présente un risque pour la sécurité routière », poursuit la présidente du Secom.
Sensibilisation
Pas plus tard que ce week-end, la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) est montée au créneau en menant une opération de sensibilisation auprès des auto-écoles afin d’améliorer la qualité des formations dispensées.
« Les récents accidents de la route et les flagrants manquements aux règles, comme le stationnement sauvage de véhicules d’auto-écoles sur les trottoirs, illustrent la gravité de la situation », indique une source auprès de la CUA.
Le constat est sans appel, y compris au sein des structures en règle. Un responsable d’une auto-école agréée explique qu’il est possible, dans son établissement, de se présenter à l’examen de conduite après une seule séance d’une heure. « Tout dépend de vous », explique-t-il.
Le volume actuel de formation ne permet pas toujours de former des conducteurs suffisamment préparés. « Nous proposons neuf séances de 30 minutes pour la conduite. Ce n’est pas du tout assez, mais nous devons nous aligner sur le pouvoir d’achat de la population. À titre de comparaison, 20 heures de pratique sont exigées à l’étranger avant de se présenter à l’examen », souligne un moniteur d’une auto-école agréée.
Des discussions avaient déjà eu lieu en 2019-2020 pour redéfinir le volume horaire consacré au code et à la conduite, mais le processus n’a pas été mené à terme.
Miangaly Ralitera
